Reportage international

Écosse: à Édimbourg, bataille entre le SNP et les conservateurs pour une élection-clé

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Le candidat du SNP Angus Robertson en campagne dans les rues d'Édimbourg, le 20 avril 2021.
Le candidat du SNP Angus Robertson en campagne dans les rues d'Édimbourg, le 20 avril 2021. © AFP/Andy Buchanan

Aujourd’hui, jeudi 6 mai, est un jour décisif pour les écossais : alors que plusieurs élections locales se déroulent dans tout le Royaume-Uni, les Écossais votent pour renouveler leur Parlement à Edimbourg. Le parti indépendantiste SNP au pouvoir est donné favori. Dirigé par la Première ministre Nicola Sturgeon, le SNP espère conforter sa majorité, voire obtenir une majorité absolue qui lui donnerait un mandat pour réclamer un second référendum sur l’indépendance.

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De notre envoyée spéciale à Édimbourg,

Nous sommes dans un quartier populaire du sud d’Édimbourg. Entouré d’une équipe de militants restreinte, mais à l’efficacité redoutable, Angus Robertson, le candidat SNP distribue à tour de bras ses tracts de campagne.

À 51 ans cet ancien journaliste avenant et plein de verve est dans son élément au contact des passants. Le parti a d’ailleurs misé sur cette valeur sûre pour reprendre ce siège stratégique aux conservateurs avec un message très clair.

« Si les électeurs veulent un député progressiste, pro-européen au Parlement écossais, ils doivent voter pour le SNP et m’élire. Mais s’ils veulent un candidat pro-Brexit, anti-indépendance, alors ils doivent voter conservateur », déclare Angus Robertson.

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Tout faire pour convaincre

Ce siège très contesté est ouvert aux plus de 16 ans et aux étrangers résidents à Édimbourg. Un électorat très convoité par le SNP dans une ville opposée au Brexit. À l’approche de deux étudiants originaires de Hambourg, Angus Robertson se met à leur parler allemand, sa langue maternelle, et cette attention aide à convaincre :

« Jusqu’ici, j’étais très indécise. En Allemagne, je votais Vert, mais je vois que beaucoup de mes amis écossais ont très envie d’un nouveau vote sur l’indépendance et comme les propositions écologistes du SNP ne sont pas trop mauvaises, je pense voter SNP… », dit l’une des étudiantes.

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Après cette démonstration de force, la figure solitaire de Scott Douglas offre un contraste frappant. Le tout jeune candidat conservateur qui jette des tracts dans des boîtes aux lettres, peine à s’imposer tout comme le message qu’il délivre, qui se contente de contrer les arguments du SNP.

Scrutin atypique

« Notre message principal, à cause de celui du SNP, est de stopper le nouveau référendum qu’ils réclament. Un vote pour nous empêchera le SNP d’avoir une majorité, nous permettra de faire taire les divisions et de nous concentrer sur les sujets importants comme la reprise économique et pas l’indépendance… », souhaite Scott Douglas.

La pandémie est venue bouleverser ce scrutin et l’a rendu atypique : pas de porte-à-porte, peu de débats, la campagne aura eu un impact limité sur les électeurs qui ont d’autres priorités. « J’ai toujours en tête l’indépendance, ce serait bien, mais pour le moment, c’est la protection des emplois qui compte », dit un électeur, qui ajoute : « Après le confinement, c’est dur pour beaucoup de gens, surtout dans mon secteur, le secteur de la restauration… »

Et c’est ce manque d’enthousiasme des Écossais pour un second référendum qui rend bien incertaines les chances du parti d’obtenir une majorité absolue au parlement d’Holyrood.

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