Reportage international

Argentine: les hôpitaux, au bord de la rupture, tentent de faire face

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Dans les hôpitaux argentins, on espère que l’accélération de la campagne de vaccination viendra bientôt soulager les services de thérapie intensive.
Dans les hôpitaux argentins, on espère que l’accélération de la campagne de vaccination viendra bientôt soulager les services de thérapie intensive. © AP/Natacha Pisarenko

La situation sanitaire continue de se dégrader en Argentine, au point d’en arriver à un stade critique. L’envolée du nombre de contagions au Covid-19 met les services de thérapie intensive au bord de la rupture… Presque 80 % des lits de soins intensifs du pays sont occupés, du jamais vu depuis le début de la pandémie. Dans six provinces, ce chiffre est même supérieur à 90 %. 

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De notre correspondant à Buenos Aires,

Luciana Franco est infirmière en thérapie intensive. Elle travaille à l’hôpital Juan Antonio Fernández de Buenos Aires. Dans cet établissement public, les 50 lits que compte le service de soins intensifs sont occupés.

« Nous avons des patients beaucoup plus jeunes. L’année dernière, ils avaient plus de 60 ans, maintenant ils sont beaucoup plus jeunes et leur état est très grave », indique l’infirmière.

Face au flux constant de malades, elle s’inquiète des capacités de prise en charge de l’hôpital. « On a beaucoup plus de places en soins intensifs que l’an passé, mais cela a des conséquences négatives. Il manque du matériel, et souvent, le personnel manque de formation. De nouveaux infirmiers arrivent sans expérience dans des services critiques, et ils terminent souvent par démissionner », déplore Luciana Franco.

Se réorganiser pour éviter de sombrer...

Lits supplémentaires, respirateurs, médicaments, personnels : à l’Hôpital italien de Buenos Aires, une vaste réorganisation des services a permis jusqu’ici d’éviter la saturation.

Le docteur Eduardo San Román, chef du service de thérapie intensive, nous fait visiter ce nouvel agencement. « C’est ici que se trouve la majorité des patients. Mais tout cela n’était pas comme vous le voyez maintenant », dit le docteur San Román. 

Le médecin montre une grande cloison. Elle a été construite pour séparer la zone « stérile », indiquée par des autocollants verts sur le sol et la zone « contaminée », pavée de marqueurs rouges. « Au moment où l’hôpital a commencé à être submergé de patients Covid-19, nous avons construit cela, et c’est par ici que nous accédons à la zone Covid-19 », indique-t-il.

... mais un personnel qui manque toujours

Une optimisation de l’espace disponible qui a permis d’augmenter le nombre de lits, mais sans régler le problème du manque de personnel. Pour cela, l’établissement, qui est également un hôpital universitaire, a pu compter sur son vivier de jeunes médecins. « Avec des formations rapides, il est possible de donner des outils à des gens qui ne sont pas spécialisés en thérapie intensive, pour qu’ils puissent participer activement en suivant des protocoles d’alerte très stricts », prévient le docteur San Román. 

Ces renforts suivent un protocole précis de diagnostic des patients, élaboré dès début de la pandémie. « Il y a des patients qui naturellement ne remplissent pas les critères pour être admis en thérapie intensive. C’est ce qui nous a permis de bien sélectionner les patients, car la première chose à faire en temps de catastrophe, c’est sélectionner. Sélectionner celui que ce sacrifice va vraiment pouvoir aider », avoue-t-il.

Dans les hôpitaux argentins, on espère que l’accélération de la campagne de vaccination viendra bientôt soulager les services de thérapie intensive.

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