Revue de presse Afrique

À la Une : Mohamed Bazoum, nouveau président du Niger

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Un tee-shirt de soutien au président nouvellement élu du Niger : Mohamed Bazoum.
Un tee-shirt de soutien au président nouvellement élu du Niger : Mohamed Bazoum. © Issouf Sanogo/AFP

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Le candidat du PNDS, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, remporte le second tour haut la main, avec près de 56% des voix, face à son challenger Mahamane Ousmane.

Pour le site Tam-tam Infos à Niamey, « cette victoire nette va permettre à la coalition Bazoum 2021, qui dispose déjà d’une majorité confortable à l’Assemblée nationale, de conduire le bateau Niger dans les 5 prochaines années. (…) En trente ans de démocratie au Niger, c’est la première fois qu’un président de la République va passer le témoin à un autre président élu. »

Et « s’il y en a qui doit particulièrement se réjouir de ces résultats, pointe Ledjely en Guinée, c’est bien le président sortant, Mahamadou Issoufou. Il doit même légitimement s’en féliciter à double titre. D’abord, par son choix singulier de ne pas briguer le mandat de trop, il offre (en effet) à son pays le premier passage de témoin entre un président démocratiquement élu et son successeur. Ensuite, c’est le dauphin qu’il s’est choisi qui l’emporte à l’arrivée. Ceci étant, tempère Ledjely, avec le score qu’a réalisé Mahamane Ousmane, le nouveau président ne pourra ignorer ni l’existence de l’opposition, ni le poids de celle-ci. »

Le changement dans la continuité

En tout cas, « les électeurs nigériens ont opté pour la continuité », relève L’Observateur Paalga au Burkina. D’ailleurs, l’un des slogans du gagnant n’était-il pas "Choix de la continuité pour un Niger meilleur" ? Mais ce sera la continuité des multiples problèmes archiconnus, s’exclame le quotidien ouagalais, comme, entre autres, les questions de l’insécurité, de la santé, de l’éducation et de la corruption. » 

Toutefois, pointe encore L’Observateur, « malgré les nuages noirs qui s’amoncèlent au-dessus du fleuve Niger, il y a matière à se réjouir, puisque, dans cette Afrique où les révisions constitutionnelles rétrogrades sont devenues le sport favori de bien de nos dirigeants, le bon exemple nigérien mérite d’être relevé et salué. »

Vers un boom pétrolier malgré l’insécurité ?

Désormais, Mohamed Bazoum va devoir s’atteler à la tâche… et elle est gigantesque… Jeune Afrique nous en fait le détail : « Le Niger est frappé de plein fouet par les crises sécuritaires au Sahel, en Libye ou dans le bassin du lac Tchad et doit faire face à l’État islamique et à Boko Haram. Face aux critiques, qui l’accusent d’avoir sacrifié l’éducation, la santé et la lutte contre la corruption au profit d’une sécurité relative, le PNDS a mis en avant la construction d’hôpitaux de référence dans la capitale, à Maradi et prochainement à Tahoua, mais aussi celle de la centrale hydroélectrique du barrage de Kandadji et d’un oléoduc (de 2 000 km vers le Bénin) qui pourrait permettre au pays de passer d’une production de 20 000 à 500 000 barils de brut par jour d’ici à 2030. (…) Les ambitions pétrolières nigériennes ont notamment pour objet, précise Jeune Afrique, de soutenir un secteur de l’agriculture qui représente plus de 40 % du PIB, occupe près de 80 % de la population active, mais demeure vulnérable aux changements climatiques. "Avec le début prévu des exportations de pétrole en 2022 et le maintien de la vigueur de l’investissement, à moyen terme, la croissance devrait être de 9 % en moyenne", a conclu le FMI lors d’une mission virtuelle en septembre dernier. Selon le Fonds, dès cette année 2021, l’économie devrait atteindre 6,9 % de croissance, malgré les contrecoups de la pandémie de Covid-19. »

L’écueil de la corruption…

Enfin, pointe encore Jeune Afrique, « le nouveau président nigérien devra en outre montrer une attention toute particulière à son ministère de la Défense, durement frappé l’année dernière par un scandale. Selon un audit diligenté à la demande de Mahamadou Issoufou par l’Inspection générale des armées, pas moins de 76 milliards de francs CFA (116 millions d’euros) y auraient été détournés entre 2013 et 2016 à l’occasion de commandes d’armement. Ces détournements présumés, qui auraient eu lieu alors que de hautes personnalités du parti au pouvoir étaient chargées du ministère de la Défense, sont actuellement entre les mains d’un juge d’instruction à Niamey. L’opposition et la société civile mettent la pression pour que justice soit faite et que les responsables soient effectivement traduits devant les tribunaux. »

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