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À la Une: à la recherche d’un gouvernement de transition au Tchad

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Albert Pahimi Padacké a été nommé premier ministre du Tchad par le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby. A N'Djamena, le 26 avril 2021.
Albert Pahimi Padacké a été nommé premier ministre du Tchad par le chef du Conseil militaire de transition, Mahamat Idriss Déby. A N'Djamena, le 26 avril 2021. © AFP - Issouf Sanogo

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« Albert Pahimi Padacké a revêtu sa veste de Premier ministre, constateTchad-Infos. Il a été nommé, hier, chef du gouvernement de transition par le CMT, le Conseil militaire de transition. Le président du Rassemblement national des démocrates tchadiens n’est pas un novice à ce poste, rappelle le site. Il avait été le dernier Premier ministre du président Idriss Déby avant la suppression de la primature en 2018. Cette fois-ci, poursuit Tchad-Infos, il prend la tête du gouvernement sous le Conseil militaire dirigé par Mahamat Idriss Deby. Et il a 15 jours pour constituer un gouvernement de consensus. Sa mission : fédérer les Tchadiens autour du nouvel homme fort de Ndjamena. »

Bonnes intentions ?

En effet, relève Jeune Afrique, « Albert Pahimi Padacké va lancer une série de consultations afin de former au plus vite un gouvernement de transition. (…) Il devra cependant batailler pour convaincre de ses bonnes intentions, pointe l’hebdomadaire panafricain. Sa candidature à la dernière présidentielle avait été critiquée par une partie de l’opposition, qui l’accusait d’être instrumentalisé par le Mouvement patriotique du salut (le MPS, au pouvoir). Cette même opposition ne reconnaît aujourd’hui aucune légitimité au CMT, estimant que l’ordre constitutionnel n’a pas été respecté et dénonce "un coup d’État institutionnel". »

Justement, note le site d’information Tachad.com, « les marcheurs, activistes de la société civile, artistes, hommes politiques, ont annoncé hier leur intention de descendre à nouveau dans les rues ce mardi pour réclamer le retour à l’ordre constitutionnel, c’est-à-dire, la remise totale du pouvoir aux civils. » Mais les autorités ont interdit toute manifestation.

Sortir de l’impasse

« Quel futur pour le Tchad après Déby ? », s’interroge le quotidien Enquête au Sénégal. « L’une des alternatives de sortie de crise est d’organiser des discussions entre toutes les forces et de s’entendre sur un consensus solide qui pourrait mettre le pays sur la voie durable de la stabilité. Ces concertations sont d’autant plus nécessaires, estime le quotidien dakarois, que la rébellion du FACT a déclaré qu’elle rejetait le Conseil militaire de transition qui, à son tour, a refusé toute négociation. Au même moment, certains partis d’opposition décrient ce qu’ils considèrent comme un coup d’État institutionnel, tandis que d’autres s’indignent contre les connotations héréditaires de la succession au pouvoir qui pourrait alimenter l’instabilité. Il est donc urgent, conclut Enquête, d’aider le Tchad à sortir de l’impasse pour éviter les ramifications d’une crise domestique sur la sous-région déjà affaiblie par les conséquences de la crise malienne. »

Dialogue de sourds

Pour l’instant, rétorque Ledjely en Guinée, c’est un « dialogue de sourds. D’une part, les opposants et quelques activistes de la société civile dénoncent à tue-tête un coup d’État (…). De l’autre, la junte, faisant mine de ne rien écouter, déroule tranquillement son agenda. En somme, le chien aboie, la caravane passe, estime Ledjely. En effet, à ce rythme, les militaires sont partis pour décider seuls des grandes orientations de la transition de la distribution des principaux rôles. Or, pointe Ledjely, cette approche solitaire et quelque peu suffisante n’est pas sans risques. S’inspirant de Deby père, les militaires voudront également prendre part aux élections devant parachever la transition. Ce faisant, ils trouveront enfin le moyen de s’octroyer la victoire et ainsi le prétexte de rester en place, au-delà de la période intermédiaire. C’est à cette sombre perspective, conclut le site guinéen, que nous expose l’indulgence coupable que la communauté internationale et la France en particulier témoignent à la junte tchadienne. »

Faire-valoir ?

Finalement, renchérit Aujourd’hui à Ouagadougou, cette nomination d’Albert Pahimi Padacké a pour but de « rendre moins ostentatoires les tenues camouflées et les 4 étoiles… (…) Que peut-il faire concrètement au milieu de ce pouvoir kaki, succédané du précédant ? De fait pas grand-chose, sinon rien, répond Aujourd’hui. Sauf de servir de faire-valoir, même si l’intéressé s’en défend, en invoquant l’intérêt supérieur de la nation tchadienne ! Il sera la vitrine présentable du CMT, dans cette forêt de tenues militaires (…). Entre la guerre contre les rebelles, les murmures dans l’armée, la bronca de partis politiques et de la société civile, Pahimi devra se démêler comme un beau diablotin, conclut Aujourd’hui, pour rassurer et convaincre les Tchadiens. »

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