Revue de presse française

À la Une: le désastre indien

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Au crématorium de New Delhi, une crémation de masse est organisée pour les victimes du Covid-19, lundi 26 avril 2021.
Au crématorium de New Delhi, une crémation de masse est organisée pour les victimes du Covid-19, lundi 26 avril 2021. © REUTERS - ADNAN ABIDI

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L’Inde submergée par le Covid-19, n’arrive plus à faire face. « Un "tsunami", selon les mots du directeur des services médicaux de l’armée, peu enclin aux hyperboles, pointe Libération : le pays a enregistré 354.000 nouveaux cas en 24 heures pour 2.800 morts. Ce qui fait plus de 2 millions de nouveaux cas en une semaine, soit la moitié des incidences enregistrées dans le monde. Un record absolu. L’Inde, en partie épargnée par la première vague, est dévastée par la deuxième. Et ce n’est que le début. »

Libération qui prend l’exemple de la famille de Munish Gupta qui « a subi de plein fouet la violence de cette contamination : "En dix jours, douze de mes proches ont été infectés", raconte ce journaliste de la classe moyenne, âgé de 56 ans. "Huit sont malades et quatre d’entre eux sont hospitalisés. Tout mon quartier est touché". Comme beaucoup, il a mis deux jours et une bonne dose d’acharnement à trouver un lit d’hôpital pour ses tantes septuagénaires, en état critique et admises en soins intensifs. Mais même à l’hôpital, personne n’est vraiment sorti d’affaire, soupire Libération : tous les jours, une dizaine de patients hospitalisés dans la région de New Delhi meurent quand l’établissement arrive au bout de ses stocks d’oxygène. Et ce problème n’est plus restreint à la capitale fédérale ou à Bombay, les deux villes les plus touchées jusqu’à présent. »

L’État dépassé

En effet, renchérit Le Figaro, « la bouteille d’oxygène est devenue une denrée rare. Les hôpitaux sont débordés. Faute de lits, des malades sont forcés de rester chez eux pour se soigner, ou pour mourir. Certains, sous assistance respiratoire, ont besoin d’oxygène. Simar Singh, un jeune sikh mince comme un câble, est venu chercher une bonbonne pour un malade de son quartier. Il habite dans l’est de New Delhi. Et il décrit une scène de fin du monde : "On est à court de tout là-bas. Les médicaments, l’oxygène… Il ne reste plus que le marché noir". »

Et « dans certains cas, l’État semble avoir tout bonnement disparu, constate encore Le Figaro. L’impréparation des pouvoirs publics est d’autant plus stupéfiante que la seconde vague monte depuis presque deux mois. »

Décision stupéfiante : « la Commission électorale a maintenu les législatives régionales dans cinq États au printemps. En mars, alors que le nombre de morts double tous les 15 jours, les poids lourds de la droite hindouiste, mais aussi les représentants de l’opposition, multiplient les meetings géants. »

Qui plus est, relève encore Le Figaro, « le chef du gouvernement Narendra Modi ne veut pas entendre parler d’un nouveau confinement. » En effet, précise le journal, « faute d’assurance-chômage, une telle mesure serait lourde de conséquences pour les travailleurs pauvres. Le confinement de l’an dernier avait jeté des millions de salariés précaires sur les routes et réduit certains à la mendicité. Il est encore dans tous les esprits, même si c’est le seul moyen efficace de freiner la circulation du virus. »

Éolien en mer : la France veut rattraper son retard

Tout autre chose à la Une des Échos : « éolien, le nouveau défi français »

En effet, « la France tente un nouveau départ dans le secteur de l’éolien en mer. Géants des énergies renouvelables, pétroliers et autres investisseurs sont en lice pour opérer le huitième parc éolien en mer français, pointe le quotidien économique. D’une puissance qui pourra atteindre le record de 1.000 MW, ce parc éolien doit profiter des réformes récentes destinées à accélérer la cadence de cette filière qui peine encore à décoller en France. En effet, relève le journal, aucun champ éolien ne tourne encore au large des côtes françaises, alors qu’au Royaume-Uni, l’éolien offshore fournit déjà plus de 10% de l’électricité. »

Pourquoi un tel retard en France ? Réponse des Échos : « les guerres idéologiques entre tenants du nucléaire et "verts" défendant les renouvelables, sans oublier les "anti-éoliens" défenseurs du paysage et surtout habiles bretteurs devant les tribunaux, ont conduit à une impasse. »

Et le quotidien économique de s’exclamer : « la raison doit reprendre le dessus au profit d’une stratégie industrielle puissante. Car n’en déplaise aux opposants et aux pêcheurs français désespérés surtout par le Brexit, les éoliennes en mer sont devenues une réalité économique et physique. Les parcs britanniques, dotés d’éoliennes cinq fois plus puissantes qu’il y a dix ans, vendent leur électricité à un prix proche des tarifs de gros sur le marché et ne nécessiteront bientôt plus de subventions. (…) Il faut espérer que le nouveau plan français permettra lui aussi un tel essor. »

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