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Les dessous de l'infox, la chronique

Guerre de l’info sur le Covid-19

Audio 03:08
Illustration numérique du Covid-19.
Illustration numérique du Covid-19. NEXU Science Communication/via REUTERS
Par : Sophie Malibeaux
7 mn

Propagande contre propagande, le Covid-19 est instrumentalisé dans tous les sens, et les infox se répandent sur Internet encore plus rapidement que le virus. La question de l’origine du nouveau coronavirus en particulier alimente les théories du complot. Jusqu’à quel point peut-on parler de stratégie de désinformation ?

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Les accusations fusent depuis le début de la crise. Le département d’État américain a très clairement pointé du doigt les campagnes de désinformation en provenance de Russie, et le Kremlin a retourné l’accusation, estimant qu’il s’agissait d’une « histoire délibérément fausse ». C’est ce que la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova a répondu à l’agence Tass.

Selon l’administration américaine, l’offensive aurait été lancée sur Internet dès la mi-janvier. Philip Reeker, sous-secrétaire d’État chargé de l’Europe et de l’Eurasie contacté par l’AFP, a dénoncé l’action d’internautes malveillants. Basés en Russie, ils tenteraient de répandre l’idée selon laquelle le virus ferait partie de l’arsenal américain dans la guerre économique contre Pékin. Selon les messages diffusés par ces internautes, la CIA aurait fabriqué cette arme biologique pour nuire à la Chine.

Propagande malveillante

Les responsables du département d’État en charge de la veille sur les réseaux sociaux ont repéré l’intense activité de milliers de comptes sur Twitter, Facebook, et Instagram, relayant quasi simultanément des messages à l’identique et dans plusieurs langues, sur l’épidémie de coronavirus et les soupçons visant la CIA. Il s’agirait de comptes gérés par des individus et non des robots, qui se livreraient à un véritable matraquage sur les réseaux pour alimenter la discorde entre Washington et Pékin. Le rapport américain dresse le parallèle avec la campagne de désinformation orchestrée par le KGB dans les années 80 à propos du Sida.

Les comptes en ligne ainsi identifiés, seraient les mêmes que ceux qui relayent la propagande de Moscou sur la Syrie et s’ingèrent dans des crises à l’étranger, comme celle des « gilets jaunes » en France. Mais ce que le rapport du département d’État ne semble pas en mesure d’établir, c’est le lien direct des internautes en question avec les plus hautes sphères de l’état russe. Comme souvent, lorsque l’on détecte des signaux de manipulation sur les réseaux, se pose le problème de « l’attribution » des infox, c’est à dire en fait l’impossibilité de remonter à la source. Les commanditaires, s’ils existent, restent dans l’ombre.

Les laboratoires chinois également visés

Dans le cas de l’épidémie de coronavirus, les attaques sur internet ne se concentrent pas uniquement sur la CIA.

Des soupçons continuent de circuler sur le fait que le virus ait pu s’échapper d’un laboratoire chinois. Aucune étude sérieuse, aucune preuve ne vient étayer ces allégations. Mais certains observateurs interprètent les demandes d’un renforcement de la sécurité des laboratoires de recherche, comme un indice de leur dangerosité potentielle, voire de leur responsabilité dans la crise actuelle. Ce type d’assertion devrait se propager tant que les scientifiques continueront de s’interroger sur la façon dont le virus a pu être transmis à l’homme. Dans les milieux complotistes, les infox ont d’ailleurs tendance à résister durablement à l’établissement de la vérité scientifique.

Mieux informer, rétablir la confiance

Le risque c’est d’alimenter la crise de confiance dans les autorités censées mettre en place la riposte contre le virus. De même que les infox sur les remèdes qui n’en sont pas constituent une menace pour la santé publique. Les réseaux sociaux ont commencé à prendre des mesures contre ce phénomène.

Facebook a décidé cette semaine d’interdire les publicités sur les faux remèdes.

Google a placé le site de l’OMS en tête des recherches sur le coronavirus, Twitter dirige pour sa part les internautes sur le site du gouvernement français. L’effort pour endiguer la propagation d’infox passe également par les centres de recherche comme l’INSERM qui publie de quoi couper court aux fausses informations sur les réseaux sociaux.

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