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Aujourd'hui l'économie

L’Italie sacrifie son économie pour protéger sa population

Audio 04:19
Un homme portant un masque devant le Dôme de Milan, le 5 mars 2020, deux jours avant la mise en quarantaine de la ville.
Un homme portant un masque devant le Dôme de Milan, le 5 mars 2020, deux jours avant la mise en quarantaine de la ville. Reuters/Guglielmo Mangiapane

Pour tenter d'endiguer la propagation du coronavirus, extrêmement virulent dans le nord de l’Italie, quasiment toute cette région est en quarantaine depuis hier. Cette pandémie est un nouveau coup dur pour l’économie.

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Ce confinement concerne plus de quinze millions d'habitants, le quart de la population italienne, mais en termes économiques c'est beaucoup plus que cela, car les régions placées en zone rouge sont les plus grosses contributrices au PIB. La Lombardie, dont la capitale Milan est aussi la capitale économique de la péninsule, concentre les industries du pays. La Vénétie et l'Émilie Romagne également placée sous cloche abritent un essaim de PME, très compétitives à l’international. Ces trois régions du nord pèsent 40% du PIB. Avec ces mesures d’exception qui vont stériliser le cœur de l’économie transalpine au moins jusqu’au début du mois d’avril, l’entrée en récession parait aujourd’hui inéluctable en Italie. Le PIB italien était déjà en léger recul au dernier trimestre de 2019, la contraction va s’amplifier ce trimestre. Une nouvelle malédiction pour une économie à la peine depuis le début du millénaire. L’Italie n’a toujours pas retrouvé le niveau de richesse antérieur à la crise de 2008.

Le coronavirus met en relief les grandes fragilités de l’Italie, et notamment son vieillissement

La pandémie frappe là où ça fait mal. L’Italie est l’un des pays les plus vieux de l’Union européenne, cela explique en partie le nombre spectaculaire de morts causées par le coronavirus. Le cap des 300 décès pour plus de 7 000 cas est largement dépassé. La moyenne d’âge de ces victimes est de 81 ans. La pandémie souligne le besoin d’une protection sociale forte pour les seniors. Le coronavirus se joue aussi de la fracture de la péninsule avec d'un côté les régions dynamiques du Nord et de l'autre les provinces sous-développées de la Botte. Le PIB par habitant est deux fois plus élevé au nord qu’au sud de l'Italie. C'est sans doute parce que le nord, plus riche et donc plus intégré dans la mondialisation, a été affecté en premier. Mais c'est bien pour protéger le sud, dont les infrastructures sanitaires sont estimées incapables de faire face à une épidémie de grande ampleur que le gouvernement a pris des mesures drastiques de confinement.

Les malheurs de l’Italie constituent-ils une menace pour la zone euro ?

L'Allemagne et la France sont les deux premiers partenaires commerciaux de l’Italie, ce sont aussi des pays affectés par le coronavirus, ils sont donc les plus susceptibles de pâtir de ce confinement géant. Et globalement, toute la zone euro est exposée au risque italien. Avant même le coronavirus, l’Italie était déjà considérée comme l’homme malade de la zone monétaire, avec des tensions récurrentes sur le marché de la dette causée par la fragilité de ses banques. On verra dans les prochains jours si la peur de la contagion financière rend les Européens plus solidaires. Rome a déjà obtenu de la Commission une plus grande latitude budgétaire, l'Italie pourra creuser son déficit au-delà de l'objectif fixé par Bruxelles. Tous les regards se tournent maintenant vers la Banque Centrale européenne qui a mis ses employés à l'abri du coronavirus en annonçant dès vendredi la généralisation du télétravail. Elle doit maintenant faire savoir comment elle peut protéger les économies de la zone euro des conséquences de la pandémie. Le conseil des gouverneurs prévu jeudi est maintenu. Ce sera l’épreuve du feu pour Christine Lagarde, la nouvelle présidente de la BCE.

EN BREF

L'Allemagne annonce ce matin un premier train de mesures pour soutenir son économie. Berlin remet au goût du jour le dispositif de chômage partiel qui avait préservé les emplois pendant la crise financière de 2008. Pas de relance budgétaire pour le moment, mais une enveloppe 12 milliards d'euros pour doper les investissements dans les infrastructures dans les quatre prochaines années.

La déroute des marchés asiatiques. -7,33% pour la bourse australienne, -5,07% à Tokyo, la plus forte baisse depuis deux ans. Une déroute provoquée par la chute du pétrole qui s'est accélérée ce weekend avec la guerre des prix déclenchée par l'Arabie saoudite. Rendu furieux par le « niet » de la Russie à une baisse coordonnée de la production pour défendre les prix du pétrole dans le cadre de l'Opep+, le royaume a décidé de jouer perso et de donner une leçon aux Russes en bradant les prix de son brut. Le baril a perdu le tiers de sa valeur sur les marchés asiatiques.

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