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Revue de presse Afrique

À la Une: polémiques autour du port du masque

Audio 04:17
Vendeur de masques dans les rues d'Accra au Ghana, le 20 avril 2020.
Vendeur de masques dans les rues d'Accra au Ghana, le 20 avril 2020. Nipah Dennis / AFP

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On le sait, le masque-barrière est l'un des moyens les plus efficaces pour se prémunir d'une contamination par le coronavirus ou pour éviter de contaminer les autres. Les pays du continent l'ont bien compris. Mais comment s'en procurer ? A quel prix ? Avec quelles normes ?

Au Burkina Faso, le port du masque devient obligatoire à partir de ce lundi. Une décision gouvernementale qui fait débat non pas sur son utilité mais sur sa mise en pratique.

En effet, pointe Le Pays, « prendre une telle mesure dans l’optique de la réouverture prochaine des lieux publics alors que le Covid-19 n’est pas encore endigué dans notre pays, cela fait sens comme qui dirait, mais son application risque de se heurter à l’esprit contestataire de nos compatriotes et à la disponibilité même de ce produit dans certaines zones de notre pays. En outre, bien que le gouvernement ait décidé de subventionner la production à grande échelle des masques en tissu artisanaux lavables et réutilisables, le prix de ces derniers de 300 FCFA l’unité, reste tout de même rédhibitoire pour bon nombre de Burkinabè en raison de la situation économique plus que difficile dans laquelle nous vivons. »

Effet boomerang ?

Attention, prévient pour sa part L'Observateur Paalga: « à nos couturiers, à nos stylistes, aux ateliers de l’armée de se retrousser les manches pour mettre à la disposition des populations des masques made in Burkina, en quantité et en qualité suffisantes, qui protègent efficacement contre la contagion au coronavirus ; aux agents de santé de donner des indications claires sur la qualité des masques homologués, leur mode d’usage et de conservation… Car, en dehors de ces précautions basiques, il faut craindre comme effet boomerang que des cache-nez mal conçus, exposés à la poussière et aux multiples manipulations inopportunes des vendeurs ou des acheteurs, propagent davantage le virus plus qu’ils ne protègent les populations. »

Sénégal : la norme qui fâche...

Au Sénégal, à présent, autre affaire de masques... Depuis le 7 avril dernier, le port du masque est obligatoire dans le pays, dans les services publics et privés, les lieux de commerce ou encore les moyens de transport. « Cette mesure a fini par infuser dans les esprits, note le quotidien 24 Heures, et à amener jeunes artisans et autres à se mobiliser pour fabriquer des masques, et en à distribuer gratuitement ou à en vendre, c’est selon, sur toute l’étendue du territoire. Tels des mantras, les forces de l’ordre s’y sont mises en verbalisant toute personne qui va à l’encontre de cet arrêté du ministre de l’Intérieur. (…) Mais voilà, s'exclame le quotidien sénégalais, qu’une décision déroutante est prise par les ministres du Commerce et de l'Industrie : une décision rendant obligatoire la certification des masques barrière à une norme de conformité... »

Résultat, déplore 24 Heures, « la situation était déjà compliquée, elle est devenue ubuesque. (…) En ces jours de grande inquiétude, il convient de ne pas ajouter la colère et l’incompréhension à certaines décisions gouvernementales. En évoquant la normalisation des masques barrières, le pouvoir envoie un message inverse de celui que la gravité et l’urgence de la situation imposent. Pour protéger la communauté, il ne faut pas s’en extraire. »

Féténiébé : 600 habitants et 47 cas positifs !

Enfin, toujours au Sénégal, Walf Quotidien pointe la situation particulièrement dramatique du village de Féténiébé. Ce village d’un peu moins de 600 habitants, du département de Goudiry, près de la frontière avec le Mali, continue de battre de tristes records. « En l’espace de deux semaines, cette petite bourgade d’une vingtaine de concessions a enregistré pas moins de 47 personnes testées positives au Covid-19 », relève Walf Quotidien.

Du coup, pointe le journal, la localité a été mis en quarantaine. « Les gendarmes ceinturent le village 24 heures sur 24. Selon un enseignant sur place, cité par Walf Quotidien, les villageois n’ont pas le droit de sortir. Et les personnes étrangères au village n’y ont pas accès. 'C’est à un confinement que nous sommes confrontés, déplore-t-il, alors qu’on manque de tout en cette période de Ramadan'. »

Mais c'est sans doute le prix à payer pour éviter que la pandémie se répande dans toute la région.

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