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Chronique des matières premières

Cyclope 2020: le Covid a amplifié le contre-choc énergétique

Audio 01:51
La couverture du rapport Cyclope 2020.
La couverture du rapport Cyclope 2020. http://www.cercle-cyclope.com

Epidémie de Covid-19 oblige, le rapport annuel Cyclope sur les marchés des matières premières paraît avec un mois de retard. Un délai qui a été mis à profit pour consacrer un chapitre entier aux conséquences, historiques, de la crise sanitaire.

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Curieuse coïncidence, l’illustration de couverture de Cyclope, choisie avant la pandémie, est « l’Allégorie du mauvais gouvernement », une fresque du peintre siennois Ambrogio Lorenzetti, mort de la peste noire en 1348. Une fois n’est pas coutume, le 34e rapport Cyclope ne se penche pas uniquement sur l’année qui précède, à savoir 2019. Un chapitre additionnel expose le bouleversement qu’ont connus les marchés de matières premières depuis janvier, avec l’irruption du coronavirus.

La fin des « Trente glorieuses de la mondialisation » ?

Une crise sanitaire qui a servi d’étincelle à une crise économique qui pourrait avoir « un impact aussi fort que les deux grandes crises de 1929 et des années 70 », estime Philippe Chalmin, co-directeur de la publication : la fin des « nouvelles Trente Glorieuses de la mondialisation, qui avaient commencé dans les années 90 ».

Cette fois, ce n’est pas à un choc pétrolier, mais à un « contre-choc pétrolier et gazier » que l’on assiste. Un contre-choc énergétique qui est dû au grand coup de frein de la demande, occasionné par le Covid-19. Mais qui a des racines antérieures à la crise sanitaire. La guerre des prix entre l’Arabie saoudite et la Russie avait commencé avant la pandémie.

Crise d’excédents et guerre des prix, du pétrole à l’aluminium

Tous les 20 ou 30 ans, rappelle Philippe Chalmin, il y a une crise profonde avec un choc de hausse des prix qui pousse à investir et lorsque ces investissements se concrétisent, des excédents se forment, ce que l’on observe depuis 2014, y compris sur certains marchés agricoles. La crise a amplifié le mouvement. Et « elle a mis en évidence les fragilités des uns », comme la chaine de valeur du coton, qui s’est effondrée, les filières viande et fruits et légumes, qui ont manqué de main d’œuvre, et « les difficultés des autres jusque dans le monde du négoce international ».

Métaux gagnants liés aux nouvelles mobilités, comme en 2019

De la même façon la crise du Covid-19 a révélé les atouts et les faiblesses structurels de certains minerais et métaux. « Les gagnants de 2020, palladium, fer, or, argent et nickel, sont les mêmes qu’en 2019 », souligne Yves Jégourel, co-directeur de Cyclope. Le cuivre a déjà effacé une partie des pertes enregistrées depuis janvier. Ce sont des minerais et métaux dont l’offre est limitée, ou qui ont de belles perspectives dans les nouvelles mobilités.

A l’inverse l’aluminium qui a pourtant le moins perdu depuis janvier, se rétablit moins vite, à cause de stocks considérables. Avec des fournisseurs du Golfe comme Bahrein, qui a doublé ses exportations, on s’achemine même vers une guerre des prix comparable à celle que se sont livrés les producteurs de pétrole.

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