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Revue de presse française

À la Une: Darmanin et Dupond-Moretti, des nominations qui font grincer des dents

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Pour les féministes, dont certaines ont manifesté mardi à Paris, les nominations de Gérald Darmanin et d'Eric Dupond-Moretti sont un mauvais signal.
Pour les féministes, dont certaines ont manifesté mardi à Paris, les nominations de Gérald Darmanin et d'Eric Dupond-Moretti sont un mauvais signal. REUTERS/Gonzalo Fuentes

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L’effet de la nouveauté et, dans une moindre mesure, l’effet de surprise passés, les journaux s’attardent ce mercredi matin sur la composition du gouvernement de Jean Castex.

Avec d’abord cette première constatation : sa ligne droitière. « Il y a un petit air quand même… », ironise Le Parisien, en première page avec cette photo d’Emmanuel Macron et de Nicolas Sarkozy tout sourire. « L’ombre de Sarkozy plane sur le remaniement », estime le journal. En effet, poursuit-il, « il n’avait échappé à personne que le nouveau Premier ministre, Jean Castex, avait été son secrétaire général adjoint à l’Élysée. Mais la montée en grade de Gérald Darmanin, un protégé de l’ex-chef de l’État, au poste sensible de l’Intérieur ne fait que renforcer le poids des sarkozystes dans le nouveau gouvernement. Et que dire, s’exclame Le Parisien, de la nomination de Dupond-Moretti, ami proche de Thierry Herzog, l’avocat de Nicolas Sarkozy ? La star du barreau a plusieurs fois pris fait et cause pour l’ancien chef de l’État, avec qui il partage une certaine aversion pour les magistrats. »

Commentaire du Parisien : « Une touche de sarkozysme dans un CV peut visiblement être un atout pour entrer en macronie. Nicolas Sarkozy ne peut qu’apprécier. (…) Que l’actuel président vienne recruter dans son ancien vestiaire doit certainement le contenter. Le dernier grand vainqueur de la droite française sait que ces transferts affaiblissent un peu plus son camp historique. Mais, pour l’instant, cela ne semble pas le déranger. »

« La ligne droite du gouvernement », renchérit Le Monde en première page. Le Monde qui revient également sur le très sarkozyste Gérald Darmanin et sur le très clivant Éric Dupond-Moretti, avec ce commentaire à propos de ce dernier : « Le clin d’œil à toute une partie de l’électorat de droite, prompte à dénoncer, comme le pénaliste, "la République des juges", semble évident, mais si le prix à payer est celui d’une déstabilisation de la justice, il apparaît très élevé. »

Et puis Le Canard Enchaîné enchaîne : « Macron a-t-il choppé le Sarko-ronavirus ? », s’interroge l’hebdomadaire satirique.

Provocation pour les féministes

« C’est mâle parti », titre pour sa part Libération, qui pointe le tir aussi sur Darmanin et sur Dupont-Moretti mais pas pour les mêmes raisons… « Au lendemain de la révélation de la composition du gouvernement Castex, la stupeur le dispute à la colère, relève Libération, chez les militantes féministes et associations de défense des droits des femmes. Dans le viseur : Gérald Darmanin, nommé à l’Intérieur, et Éric Dupond-Moretti, choisi à la Justice. Des ministères clés, qui ont un rôle prépondérant à jouer sur la question des violences faites aux femmes. Le premier, maire de Tourcoing et proche de Nicolas Sarkozy, fait actuellement l’objet d’une enquête pour "viol". Qu’importe pour l’Élysée, qui a fait valoir dès lundi soir que cette plainte ne faisait "pas obstacle" à sa promotion. Le second, ex-pénaliste redouté à la verve fameuse, est connu pour ses positions tranchées sur le féminisme et le mouvement de libération de la parole #MeToo – "une hystérisation du débat" –, pour son dégoût de "l’hyper-moralisation" de notre époque et "ses dérives" ou sa détestation de "l’ère victimaire", qui place la partie civile au centre du procès pénal. C’est peu dire, pointe Libération, que le signal envoyé par ces deux nominations est interprété comme une "provocation", voire "une déclaration de guerre" par les militantes féministes et associations de défense des droits des femmes. »

Mediapart hausse encore le ton : « Droit des femmes : le gouvernement de la honte », titre le site d’information. « En nommant Éric Dupond-Moretti à la justice et Gérald Darmanin à l’intérieur, Emmanuel Macron inflige un camouflet à toutes celles et tous ceux qui promeuvent des rapports plus égalitaires et luttent contre les violences sexuelles. »

Juger sur pièces

En tout cas, maintenant, « au boulot ! », lance La Dépêche du Midi. « Il faudra comme toujours juger sur pièces, pointe le journal, c’est-à-dire attendre les premiers actes concrets, mesurer la capacité de tous ces ministres à gérer, chacun dans son périmètre, les inquiétudes des Français, leurs impatiences et leurs besoins – Dieu sait d’ailleurs s’ils sont multiples, et souvent contradictoires. »

Et La Dépêche de s’interroger : « Comment concilier le monde réel avec les promesses répétées d’un monde d’après ? Comment maîtriser une crise économique dont les ravages humains sont d’ores et déjà considérables et qui annonce une crise sociale de grande ampleur ? Comment apaiser un pays sous tension en proie à ses doutes et ses colères ? Toutes ces interrogations donnent le vertige, et, malgré l’accent "rassurant" du nouveau Premier ministre, elles exacerbent un sentiment de profonde anxiété. »

« Le compte à rebours est lancé, enchaîne Le Figaro. Dix-huit mois nous séparent aujourd’hui de l’élection présidentielle. Autant dire – et l’expérience le montre – qu’il reste une année utile au pouvoir exécutif pour agir et faire ses preuves. Sur le front économique, la promesse affichée est celle de reconstruire en innovant : plus d’écologie, de décentralisation, d’Europe… L’ambition est louable, mais, s’interroge Le Figaro, est-ce envisageable en si peu de temps quand on connaît les pesanteurs propres à notre pays ? Le chantier est herculéen. Si les résultats ne sont pas au rendez-vous en termes d’emploi et de compétitivité, le chemin dessiné par le président de la République risque de conduire à une impasse. »

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