Chronique des matières premières

La crevette de l’Équateur perd son premier marché d’exportation, la Chine

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En juin 2020, l’Équateur a exporté moitié moins de crevettes vers la Chine qu’en mai 2020
En juin 2020, l’Équateur a exporté moitié moins de crevettes vers la Chine qu’en mai 2020 Pixabay / Jacqueline Macou

Les crevettes de l’Equateur ne sont plus les bienvenues en Chine après la découverte de traces de Covid-19 dans des containers. Une difficulté de plus pour le pays d’Amérique latine, devenu le deuxième exportateur mondial du crustacé.

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L’Équateur n’en finit pas de subir les conséquences sanitaires et économiques du Covid-19. Et son secteur de la crevette, 250 000 emplois, est parmi les plus touchés. Les exportations vers la Chine se sont effondrées en décembre dernier, lorsque le coronavirus a commencé à se répandre dans la province de Wuhan. La main-d’œuvre équatorienne a ensuite elle-même subi la maladie, ce qui a perturbé la récolte des crevettes.

Alors que les ventes repartaient de plus belle vers la Chine depuis avril, ce qui compensait le fait que les marchés d’Europe et des États-Unis s’étaient fermés à leur tour, voilà que les autorités chinoises mettent un coup d’arrêt brutal à ce commerce. Des traces de Covid-19 auraient été trouvées dans des containers et sur l’emballage extérieur de crustacés exportés par trois compagnies équatoriennes.

Traces de Covid-19 dans les containers et sur l’emballage extérieur

Les analyses n’ont pas décelé la présence du virus dans les crevettes elles-mêmes, mais les douanes chinoises déclarent que les entreprises aquacoles équatoriennes ne respectent pas assez strictement le protocole sanitaire. Ce que dément le ministre équatorien du Commerce. 

Quant au secteur aquacole équatorien, il dit avoir répondu avec rapidité aux nouvelles exigences de la Chine, en procédant à un dépistage généralisé du Covid-19 auprès du personnel et en renforçant la désinfection des aires de conditionnement et des containers.

Deux tiers des exportations de crevettes de l’Équateur

Vrai problème, le deuxième exportateur mondial de crevettes qu’est l’Équateur est devenu très dépendant de la Chine, deux tiers de ses débouchés à l’export en 2019. Mais autant l’année dernière fut faste pour l’Équateur qui avait profité de l’éclipse de ses concurrents asiatiques, confrontés à des inondations, des cyclones et des températures trop élevées pour les élevages de crevettes, en particulier en Inde, le premier exportateur mondial, autant cette année risque d’être très mauvaise. Les prix se sont effondrés de 30% depuis le début de l’année.

En juin, l’Équateur a exporté moitié moins de crevettes vers la Chine qu’en mai. En juillet, le plongeon sera de 90%, estime l’industrie équatorienne de la crevette. Or c’est l’un des trois premiers postes d’exportation du pays, avec le pétrole et la banane.

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