Chronique des matières premières

Le Covid-19 cause des pertes catastrophiques chez les majors pétrolières

Audio 01:50
Le bénéfice net du pétrolier français, Total, a chuté de 99% au premier trimestre à 34 millions de dollars, contre 3,1 milliards un an plus tôt. (photo d'illustration)
Le bénéfice net du pétrolier français, Total, a chuté de 99% au premier trimestre à 34 millions de dollars, contre 3,1 milliards un an plus tôt. (photo d'illustration) MARTIN BUREAU / AFP

C’est l’heure des bilans pour les grandes compagnies pétrolières mondiales qui subissent de plein fouet les conséquences du coronavirus. Sans surprise, les unes après les autres, elles affichent des pertes colossales au deuxième trimestre.

Publicité

La crise du Covid-19 a fait d’importants dégâts chez les industriels du secteur des hydrocarbures. Le géant français Total a annoncé jeudi une perte nette de 8,4 milliards de dollars. Tandis que son concurrent, l’italien ENI accuse une perte de 5,2 millions de dollars. Shell, lui, bat des records. Le groupe anglo-néerlandais a enregistré des pertes qui s’élèvent à 18,1 milliards de dollars au deuxième trimestre. Pour ces trois entreprises, ces pertes sont essentiellement liées aux importantes dépréciations d’actifs.

En effet, les majors du pétrole ont souffert de l’arrêt économique à l’échelle mondiale, provoqué par la pandémie, qui a engendré la chute de la demande de l’or noir et l’effondrement de son prix. Les cours du brut ont d’ailleurs fortement baissé dès le mois de mars. Ils sont même passés brièvement sous la barre du zéro en avril avant de remonter au deuxième trimestre.

Actuellement le prix du baril tourne autour de 40 dollars, un niveau bien inférieur à celui de l'an passé. Cette faiblesse des cours et de la demande risque de durer d’ici à la fin de l’année, car la pandémie se propage toujours et les indicateurs économiques restent dans le rouge surtout pour les pays développés, grands consommateurs d’hydrocarbures. Face à cette situation, les sociétés pétrolières révisent leurs projets.

Elles font des économies et réduisent leurs investissements, surtout en ce qui concerne l’exploration et la production. C’est le cas du groupe ENI qui annonce une réduction de 35% de ses investissements en 2020 et 30% l’an prochain. Les grandes compagnies pétrolières ont aussi bien intégré le fait qu’à l’avenir, la demande du brut baissera en raison de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique. C’est la raison pour laquelle dès à présent, certaines d’entre elles comptent déjà renforcer leur présence dans le secteur des énergies renouvelables et de la bio-raffinerie.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail