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Reportage international

Face à la pandémie, la Suède fait exception en refusant le port du masque

Audio 02:25
Dans une rue animée de Stockholm le 27 juillet 2020, en Suède, un pays qui n'exige pas le port du masque pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
Dans une rue animée de Stockholm le 27 juillet 2020, en Suède, un pays qui n'exige pas le port du masque pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Jonathan NACKSTRAND/AFP

En ces temps de coronavirus, on a beaucoup parlé de la Suède, l’un des rares pays au monde qui n’a pas imposé de confinement obligatoire à sa population. Le royaume nordique continue de se distinguer, et cette fois sur le port du masque. Il est devenu dans la plupart des pays européens l’arme privilégiée de la lutte contre le coronavirus, surtout dans les transports et les centres commerciaux. Mais pas en Suède, où les autorités ne recommandent pas son usage et où très peu de personnes le portent. La Suède, le pays démasqué.

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Pour Christine, une Française vivant à Stockholm, prendre le bus dans la capitale suédoise reste toujours une épreuve : « Personne n’est masqué, ou alors ce sont des touristes. Vraiment quand on revient de France, où le masque est obligatoire, ça fait un choc. »

Mais ici, rien de plus normal. Et Jan, qui fait ses courses à visage découvert, dans un centre commercial, s’en félicite : « Nos autorités ne recommandent pas le port du masque. D’ailleurs ici c’est même difficile d’en trouver… »

Que ce soit dans le bus, les trains ou les aéroports, dans les magasins ou dans les rues, le constat est le même : les Suédois, en temps de coronavirus, portent peu le masque, voire pas du tout. Et les quelques illuminés qui se couvrent la bouche courent même le risque de voir les regards devenir suspicieux, ou leur voisin changer de place. Il n’y a guère que dans les hôpitaux, où les maisons de retraite, que l’on travaille masqué. Une attitude qui choque certains Suédois, comme Jenny. Elle a rejoint une petite manifestation pro-masque, où elle offre une protection en tissu aux passants, et ne manque pas de fustiger l’inaction du gouvernement : « On se sert du masque dans tant de pays, pourquoi nous ne le faisons pas ? Il y a eu des milliers de morts en Suède. Ils ne veulent pas changer leur stratégie, et on se demande pourquoi. Comment peuvent-ils faire ça à leur propre population ! »

Mais ce genre de discours est bien minoritaire. Les Suédois suivent les directives de leur agence de santé, et pour elle, les études scientifiques ne démontrent pas que le masque peut enrayer la propagation du virus. Il pourrait même avoir des effets pervers s’il est contaminé, et que l’on touche son visage. Anders Tegnell est épidémiologiste en chef : « Jusqu’à maintenant le masque ne joue aucun rôle en Suède, sauf bien sûr dans les hôpitaux et les maisons de retraite. Nous pensons que la distanciation sociale, le fait que les gens ne se regroupent pas, qu’ils restent chez eux quand ils sont malades, sont des mesures beaucoup plus efficaces. Ce sont celles que l’on doit utiliser en premier, et c’est ce que nous faisons. »

Le port du masque est d’autant moins une priorité que la situation épidémiologique, assure Anders Tegnell, ne le justifie pas. A la fin du printemps, la Suède était certes le pays où l’on avait le plus de chance de succomber au coronavirus. Mais aujourd’hui, la situation a changé. Les admissions en soins intensifs se comptent sur les doigts d’une seule main, comme le nombre quotidien de morts. La Suède résiste donc au masque, mais n’exclut pas d’y avoir recours en cas de deuxième vague.

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