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Invité Afrique

Assoa Adou, secrétaire général du FPI pro-Gbagbo: «Laurent Gbagbo sera candidat !»

Audio 05:19
Le secrétaire général du FPI, Assoa Adou.
Le secrétaire général du FPI, Assoa Adou. © Sia Kambou / AFP

« Laurent Gbagbo sera candidat ! » Laurent Gbagbo sera candidat malgré sa radiation de la liste électorale. C'est le message asséné par ses partisans qui n'envisagent pas que l'ancien président, toujours en exil à Bruxelles et en attente d'un passeport, ne puisse pas faire partie de l'affiche de la présidentielle du 31 octobre prochain. Assoa Adou, secrétaire général du FPI pro-Gbagbo est l'invité de RFI.

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RFI : La radiation des listes électorales de Laurent Gbagbo a été confirmée par la justice. Quelle est votre réaction ?

Assoa Adou : Je dirais que c’est scandaleux. Gbagbo Laurent dispose de tous ses droits civiques. Tout ce qui a été fait, et ça a été malheureux, quand j’ai vu le président de la CEI, dans une acrobatie intellectuelle qui n’a rien de juridique, dire que Gbagbo Laurent est radié. D’ailleurs, c’est assez grave, parce qu’il a annoncé la radiation de Laurent Gbagbo, deux jours avant que le tribunal de première instance ne se prononce. Déjà, si on était dans un pays démocratique, on peut dire qu’il a fauté et tout cela serait nul. Mais on est en Côte d’Ivoire, aujourd’hui, où il n’y a plus d’État de droit.
 

Vous ne reconnaissez pas sa condamnation dans l’affaire dite du braquage de la Cédéao ?

Laurent Gbagbo n’a rien braqué. Il a utilisé ce que le droit lui donne. Ce que le droit dit, dans la constitution de la Cédéao, ce sont les possibilités de la Côte d’Ivoire de récupérer ses fonds, dans des cas particuliers, pour venir au secours de la population.

 

Pour vous, cette radiation est une manœuvre politicienne ?

Plus qu’une manœuvre politicienne, c’est même un grand scandale qui ne doit pas exister dans un pays qui se veut démocratique.
 

Si Laurent Gbagbo ne peut pas être candidat, qu’allez-vous faire ?

Laurent Gbagbo sera candidat et nous allons nous donner tous les moyens démocratiques pour qu’il soit candidat. Monsieur Ouattara, quand il voulait être candidat aux élections présidentielles en Côte d’Ivoire, à l’époque, Monsieur Bédié a dit qu’il n’était pas ivoirien et qu’il ne pouvait pas être candidat. Il a fallu aller en Afrique du Sud pour que Thabo Mbeki arrive à convaincre le président Gbagbo que, pour la paix en Côte d’Ivoire, il fallait utiliser une disposition de notre Constitution qui allait lui permettre d’être candidat. Il a utilisé je crois l’article 48 de notre Constitution, c’est comme ça qu’il a été candidat. Après cette candidature, donc par décret, il a été encore candidat, parait-il, par dérivation. Et aujourd’hui, le professeur Ouraga Obou, qui a présidé le Comité de rédaction de cette Constitution, et tous les experts qu’il avait commis, ont tous déclarés qu’il ne peut pas être encore candidat. Il passe outre pour dire qu’il sera candidat. Et c’est lui qui va dire que Gbagbo Laurent ne peut pas être candidat ?
 

Si jamais le conseil constitutionnel invalide cette candidature, est-ce que vous vous rallierez à un autre candidat ou est-ce que vous boycotterez les élections ?

Il y va de beaucoup de choses. Ce combat, que Laurent Gbagbo mène avec ses sympathisants, dépasse le cadre du Front Populaire Ivoirien. C’est la Côte d’Ivoire qui est en jeu. Est-ce qu’en Côte d’Ivoire, nous sommes capables d’installer un État démocratique, un État de droit ? Ou allons-nous vivre sur une dictature ? Toute la question est là.
 

Il y a cette histoire de passeport. Cela fait partie de la machination ?

Laurent Gbagbo n’est pas arrivé à La Haye de lui-même. C’est Monsieur Ouattara qui l’a pris dans un avion, que la Côte d’Ivoire a acheté, pour aller le déposer à La Haye. Le fait même que Gbagbo soit parti à l’ambassade de Côte d’Ivoire à Bruxelles pour demander un passeport, c’est scandaleux. Gbagbo n’a pas besoin d’aller demander un passeport, c’est Monsieur Ouattara qui doit prendre le même avion, aller le chercher pour le ramener en Côte d’Ivoire.
 

Depuis le 6 août 2020, date de l’annonce par Alassane Ouattara de sa candidature, on assiste dans différents endroits de la Côte d’Ivoire à des manifestations souvent émaillées de violences. Quel regard portez-vous sur ces évènements ?

Les Ivoiriens ont exprimé leur colère parce qu’ils ont estimé que trop c’est trop. Et de manière pacifique, ils sont descendus dans les rues pour dire que Monsieur Ouattara ne doit pas avoir de troisième mandat. Mais au lieu de s‘assoir, comme nous le disons: «Asseyons-nous et discutons», il envoie ses miliciens qu’on appelle « les microbes ». Et ses miliciens s’en vont à Bonoua, à Gagnoa, à Daoukro, à Divo, armés de machettes pour agresser les gens. L’aspect dangereux, c’est de créer des conflits intercommunautaires. C’est-à-dire opposer ceux que l’on appelle communément ici les Dioulas aux autres ethnies de Côte d’Ivoire. Mais c’est pire qu’à Bonoua, les gens se sont ressaisis et ces populations-là se sont remises ensemble avec les Abourés pour chasser ces miliciens. Je crois que le même cas s’est reproduit à Divo. Ça, c’est salutaire pour la Côte d’Ivoire et nous devons aller dans ce sens.
 

Est-ce que l’opposition n’est pas trop divisée pour battre Alassane Ouattara ?

L’opposition n’est pas trop divisée. Il y a EDS (Ensemble pour la démocratie et la souveraineté), il y a  20 à 22 partis, associations et grands responsables politiques du pays, la CDRP (Coalition pour la démocratie, la réconciliation et la paix) dans laquelle se trouve Monsieur Bédié et aussi plusieurs partis politiques. Donc aujourd’hui, les partis politiques et les associations de la société civile se sont rassemblés pour sauver la Côte d’Ivoire. Chacun a compris que ce n’est même pas les élections du 31 octobre qui comptent, c’est sauver le pays qui est en jeu.
 

Mais faudra-t-il attendre un deuxième tour pour que l’opposition fasse front commun ?

On est qu’à la veille des élections, attendez. Même s’il ne restait que 10 jours, c’est important.

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