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Chronique des matières premières

L’industrie plastique cherche un marché-refuge en Afrique

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La production de plastique, 350 millions de tonnes par an, absorbe déjà la moitié du pétrole mondial et devait représenter la moitié de la croissance de la demande pétrolière d’ici 2030.
La production de plastique, 350 millions de tonnes par an, absorbe déjà la moitié du pétrole mondial et devait représenter la moitié de la croissance de la demande pétrolière d’ici 2030. Getty Images

Alors que les perspectives s’assombrissent pour l’industrie du plastique, les géants américains du pétrole et de la chimie misent sur le Kenya pour gagner le marché africain.

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Le lobby de la pétrochimie fait pression sur l’administration américaine pour qu’elle demande au Kenya de modifier sa législation anti-plastique. L’American Chemistry Council, qui regroupe ExxonMobil, Chevron, Shell, mais aussi les géants de la chimie DuPont et Dow, a envoyé une lettre aux services du Représentant américain au commerce, révèle le New York Times.

L’objectif : que l’accord de libre-échange, en renégociation entre les États-Unis et le Kenya, oblige les autorités de Nairobi à renoncer à l’interdiction totale des sacs plastiques, imposée en 2017. L’autre finalité : que le pays est-africain continue d’importer des déchets plastiques, ce à quoi le Kenya a pourtant renoncé en signant l’an dernier un accord mondial sur ce commerce.

Le plastique n’est plus autant l’avenir du pétrole

L’Afrique est considérée comme un marché-refuge pour l’industrie pétrochimique américaine. Et le Kenya pourrait en être la porte d’entrée, sachant qu’ensuite les marchandises, plastique et déchets, pourraient circuler sur tout le continent. La consommation de plastique est en effet considérée comme l’avenir du pétrole, alors que la consommation de carburants plafonne.

La production de plastique, 350 millions de tonnes par an, absorbe déjà la moitié du pétrole mondial et devait représenter la moitié de la croissance de la demande pétrolière d’ici 2030. Des investissements massifs ont été réalisés pour produire de l’éthylène et du propylène, les ingrédients du plastique, dans les pays où les hydrocarbures sont très peu chers, aux États-Unis, en Arabie Saoudite, mais aussi en Chine.

Surcapacités et accord de libre-échange avec le Kenya

Mais la prise de conscience mondiale de la pollution plastique et de son coût pour la collectivité assombrit l’horizon pour la pétrochimie. L’Europe veut une taxe de 800 euros par tonne de plastique non-recyclé. La Chine a mis un coup d’arrêt brutal aux importations de déchets plastiques depuis deux ans. Le coronavirus devrait faire chuter la consommation de plastique de 4 % cette année.

L’industrie pétrochimique, déjà en surcapacité depuis l’an dernier, risque de se retrouver avec des milliards de dollars investis pour rien. D’où la pression sur le Kenya pour qu’il ouvre son marché, sous couvert d’organiser une filière de recyclage du plastique. Les ONG craignent que le chef de l’État kenyan ne cède au lobby pétrochimique américain, pressé qu’il est de relancer l’économie frappée par le Covid-19.

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