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Robinhood met la bourse américaine à la portée d’un simple clic

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L'application Robinhood.
L'application Robinhood. AFP/Jim Watson

Aux États-Unis, investir en bourse est devenu un jeu d’enfant avec l’application Robinhood (Robin des Bois en français). Son succès est phénoménal mais aussi très controversé.

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Robinhood, c’est la promesse de gagner beaucoup d’argent d’un simple clic sur son smartphone. Son ambition : démocratiser la bourse, d’où ce nom accrocheur, Robin des Bois, le héros qui prend aux riches pour redistribuer aux pauvres. Au nom de cette philosophie le service est gratuit, c'est le premier courtier à le proposer, il a été immédiatement suivi par les concurrents. Et la mise de départ peut être très modeste, sans contrôle, contrairement aux pratique des maisons traditionnelles de courtage.

Ces facilités ont séduit les millenials. Un usager sur deux a moins de 31 ans. Les Américains désœuvrés pendant le confinement se sont rués sur cette appli. Plus 3 millions de nouveaux abonnés entre janvier et avril. Au total, 13 millions boursicotent via Robinhood. Pour le meilleur, l’un d’eux a amassé 100 000 dollars en quelques mois, de quoi rembourser sa dette étudiante et envisager tranquillement son avenir. Et pour le pire, un jeune de 18 ans pensant à tort avoir perdu 730 000 dollars s’est suicidé au mois de juin.

Après ce drame les fondateurs ont promis de revoir leur application et d'introduire des garde fous

Et il y a de quoi faire. Robinhood a jusqu’alors volontiers utilisé les mêmes appâts que les réseaux sociaux. En envoyant par exemple des pushs sur les positions de ces investisseurs particuliers, les incitant à revenir vers l’application. Ou encore en déclenchant une pluie de confettis sur l’écran à chaque opération comme si l’achat ou la vente d’une action était toujours une fête. Un univers qui ressemble à celui du jeu, sauf que les gains et les pertes sont bien réels. Et que les clients ne connaissent pas ou très peu les règles du jeu. La moitié d’entre eux sont des novices en bourse. Sans disposer d'informations précises sur les risques qu’ils prennent, sur le fonctionnement des marchés, ils peuvent miser sur les actions, les cryptomonnaies et sur les options, des produits financiers complexes réservés en général aux professionnels de la finance. Le succès de cette appli doit beaucoup à celui de Wall Street. Jusqu’à ces jours derniers, la bourse américaine n’a cessé de grimper, laissant croire aux débutants qu’il suffisait de miser sur les valeurs haussières pour gagner. On leur attribue d’ailleurs volontiers une part de responsabilité dans l’euphorie des derniers mois.

Et pour le moment, qui sont les grands gagnants ?

L’appli censée redistribuer les gains boursiers aux plus modestes a d’abord fait la fortune de ses deux créateurs : deux trentenaires à la tête d’une start-up dont la valeur est estimée aujourd'hui à 11 milliards de dollars. La société se rémunère en vendant les données commerciales de ces clients à des grosses sociétés de trading. Un procédé légal à condition d’en informer clairement les clients. Ce qui n'est pas tout à fait le cas de Robinhood. La SEC, le gendarme de la bourse américaine, a lancé une enquête sur ces pratiques. L'entreprise risque une amende de 10 millions de dollars. Les bénéfices cette année pourraient grimper jusqu’à 700 millions de dollars.

 

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