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Reportage France

[Série] Plan de relance: lutter contre l’artificialisation des terres

Audio 02:58
Denis Rabourdin (en bas à gauche) président de l’association Verger vivant de Lieusaint, et d’autres membres pendant une cueillette de pommes. L’association veut sauver ce verger qui doit être détruit puis remplacé par des bureaux et des entrepôts.
Denis Rabourdin (en bas à gauche) président de l’association Verger vivant de Lieusaint, et d’autres membres pendant une cueillette de pommes. L’association veut sauver ce verger qui doit être détruit puis remplacé par des bureaux et des entrepôts. RFI/David Baché
7 mn

Le gouvernement a prévu dans son plan de relance 2,5 milliards d’euros pour favoriser la préservation des espaces de culture, souvent menacés de bétonnage. C’est précisément le cas du verger de Lieusaint, situé à une trentaine de kilomètres de Paris.

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« C’est le jour de la cueillette, il y en a tous les jours et il faut mettre les bouchées doubles ! On est là pour sauver ce territoire afin qu’il ne soit pas bétonné comme partout ailleurs », espère Claire, une riveraine de Lieusaint, en Seine-et-Marne. Comme elle, ils sont plus de 150, mobilisés pour sauver leur verger : près de deux hectares, plantés de 3 500 pommiers.

Le verger a été racheté il y a plusieurs années à un agriculteur par un établissement public chargé de l’aménagement de la zone. Cet établissement autorise l’association à continuer d’exploiter les pommiers, en attendant de les remplacer par des bureaux et des entrepôts.

« On essaie de faire en sorte que ces pommes profitent à la population. On passe par les associations d’aide alimentaire à qui on donne les fruits qu’on a cueillis. Là, on a un grand objectif : presser des pommes pour en faire du jus vendu au prix le plus bas possible », dit Denis Rabourdin, président de l’association Verger vivant de Lieusaint. Puis d’ajouter : « C’est une solution d’alimentation locale. C’est plus important pour moi d’avoir un verger plutôt que d’avoir un entrepôt. »

► À lire aussi : En France, le plan de relance de l'économie accueilli avec prudence

« Garder un “esprit campagne” dans une ville nouvelle »

En 30 ans, la population de la commune a été multipliée par six, et les cultures alentour ont progressivement laissé la place à des logements, des routes, des commerces. Dominique Vérots, le maire de Saint-Pierre-du-Perray, est évidemment soucieux de développer son territoire. Pourtant, il soutient la protection du verger.

« J’ai besoin de développement économique, mais j’ai aussi besoin de ces vergers pour que les gens continuent de garder cet "esprit campagne" dans une ville nouvelle. Les gens s’installent parce qu’ils trouvent justement ce côté vert. Ils veulent revenir à ces valeurs-là tout en ayant les capacités d’une grande ville : des équipements sportifs, des équipements culturels… Tout cela, ils le veulent, mais ils veulent également des espaces verts et des espaces agricoles », constate le maire.

Vers une solution alternative ?

Le problème, c’est que le verger a déjà été vendu à un promoteur commercial, par l’EPA Sénart, l’établissement public en charge de l’aménagement de la zone. Ollivier Guilbaud, directeur adjoint de l’EPA, reste néanmoins ouvert à une solution alternative.

« La proposition qui peut être faite c’est de conserver une partie du verger, et [reconstituer une partie du verger] dans un autre endroit, plus accessible pour les scolaires, et permettant aussi d’être plus ambitieux, avec des jardins partagés, des parkings, sur un périmètre qui serait de taille analogue, voire légèrement supérieure », propose-t-il.

Pour mettre en œuvre ce plan B, qui permettrait de sauver le verger sans remettre en cause les constructions de bureaux, une demande de financement vient d’être adressée à l’État, fondée sur les objectifs affichés du plan de relance économique.

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