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Good Morning de «The Villages», où le soutien à Donald Trump s’effrite

Audio 04:26
Vétérans retraités pro-Trump à la terrasse du «City Fire» à The Villages en Floride. À droite, Jim Leach.
Vétérans retraités pro-Trump à la terrasse du «City Fire» à The Villages en Floride. À droite, Jim Leach. RFI / ANNE CORPET

« The Villages », la plus grande communauté de retraités des États-Unis, a massivement voté pour Donald Trump en 2016. Mais dans cette agglomération du cœur de la Floride, comme ailleurs dans le pays, la gestion chaotique de la pandémie de coronavirus par le président pourrait lui coûter des voix auprès des personnes âgées.

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De notre envoyée spéciale à The Villages (Floride),

The Villages est une agrégation de petits villages de retraités : des communautés gardées, ceintes par des murets, interdites aux personnes extérieures. Elles s’agglomèrent autour de terrains de golf et d’un centre-ville propret, ouvert à tous, bordé d’un lac et doté de nombreux commerces et de restaurants.

Chaque mardi, les vétérans de The Villages se retrouvent à la terrasse du City Fire. Les voiturettes de golf – le moyen de transport le plus courant au sein de la communauté – sont garées le long du trottoir, parfois décorées d’autocollants de la campagne de Donald Trump. Jim Leach, 72 ans, ancien marine, porte une casquette aux couleurs du candidat, et s’inquiète entre deux gorgées de bière : « Si Trump n’est pas réélu, Biden va faire de ce pays un pays socialiste. Nous devons vraiment élire Trump. C’est pour cela que je porte cette casquette ! »

Au niveau national, les sondages montrent que pour la première fois depuis des décennies un candidat démocrate est en tête chez les Américains de plus de 65 ans. De quoi inquiéter le camp républicain. Pour mobiliser cet électorat crucial, le vice-président Mike Pence s’est rendu samedi dernier à The Villages.

Basculement de l'État côté démocrate ?

« Je pense que Donald Trump a perdu près de 6 % de ses soutiens au sein de notre communauté, estime Chris Stanley qui dirige le club démocrate local. Et ces 6 % de votes perdus pour Trump, ajoutés aux résultats du reste de la Floride, pourraient changer la donne et faire basculer l’État côté démocrate. Du coup, les esprits s’échauffent, les soutiens de Donald Trump réalisent que les choses ne vont pas bien pour le président. La situation est plutôt tendue en ce moment. »

Chris Stanley, qui porte toujours un tee-shirt aux couleurs de Joe Biden, dit se faire insulter quotidiennement dans la communauté. Elle raconte que la manifestation de voiturettes de golf organisée récemment en faveur du candidat démocrate a été la cible d’invectives de la part des partisans du président, qui ont tenté de bloquer le convoi.

Chris Stanley, présidente du club démocrate de The Villages en Floride.
Chris Stanley, présidente du club démocrate de The Villages en Floride. RFI / ANNE CORPET

La gestion de la pandémie par Trump scandalise

John Girow est un électeur d’une espèce assez rare : il est indépendant et encore indécis à trois semaines du scrutin. Âgé de 67 ans, il a quitté la capitale fédérale après une longue carrière au Pentagone pour s’offrir une retraite sous le soleil de Floride, et témoigne de sa difficulté à maintenir ses relations avec ses amis des deux camps opposés.

« J’ai des amis républicains et démocrates, mais c’est devenu un défi de les rassembler ! Nous ne pouvons plus avoir une conversation décente sans menacer de ne plus nous voir, de briser notre amitié », témoigne-t-il. John a voté pour Donald Trump en 2016, lui reconnaît de nombreuses réussites, mais est scandalisé par sa gestion de la pandémie.

« Affirmer que le Covid-19 est comparable à la grippe, qu’il ne faut pas avoir peur, c’est très grave, estime-t-il. Si on l’attrape, on peut en subir les conséquences à vie. Le voir se vanter d’avoir facilement surmonté la maladie, l’entendre dire qu’il est immunisé, que le port du masque est facultatif, comme il l’a fait à quelques kilomètres d’ici lundi dernier m’horripile. Cela pourrait très bien faire la différence pour moi le jour du vote. »

John Girow, électeur indépendant et encore indécis à trois semaines du scrutin, à The Villages en Floride..
John Girow, électeur indépendant et encore indécis à trois semaines du scrutin, à The Villages en Floride.. RFI / ANNE CORPET

Voiturettes aux couleurs de Biden

Au quartier général du parti démocrate, Barbara Dieker confirme : parmi les nouveaux volontaires qui affluent pour donner un coup de main à la campagne de Joe Biden, beaucoup citent l’attitude du président vis-à-vis de la pandémie pour justifier leur revirement. « Les personnes âgées sont terrifiées par le virus. L’entendre minimiser le danger, surtout après avoir été lui-même malade, exaspère une population qui se sait vulnérable » explique-t-elle.

Barbara Dieker, au quartier général du club démocrate à The Villages en Floride.
Barbara Dieker, au quartier général du club démocrate à The Villages en Floride. RFI / ANNE CORPET

Sur un banc devant une agence immobilière du centre-ville, Richard Roman savoure la chaleur de cet après-midi ensoleillé. Habitant de New York, il est venu prospecter à The Villages, et envisage de s’y installer pour sa retraite. « Il y a des terrains de golf, de multiples activités, tout est à portée de main, c’est un endroit idéal pour profiter de la vie après une carrière bien remplie » explique-t-il.

Devant le passage d’une voiturette de golf ornée d’un drapeau aux couleurs de Donald Trump, il ajoute : « Ici la majorité de la population est du côté républicain. Je m’y sentirai bien, beaucoup mieux qu’à New York. » Mais dans les rues de The Villages, de plus en plus de voiturettes arborent les couleurs de Joe Biden.

À écouter : Good morning de Laredo, où le mur entre les États-Unis et le Mexique fait toujours débat

Devant le passage d’une voiturette de golf ornée d’un drapeau aux couleurs de Donald Trump, Richard Roman nous confie : «Ici la majorité de la population est du côté républicain. Je m’y sentirai bien, beaucoup mieux qu’à New York».
Devant le passage d’une voiturette de golf ornée d’un drapeau aux couleurs de Donald Trump, Richard Roman nous confie : «Ici la majorité de la population est du côté républicain. Je m’y sentirai bien, beaucoup mieux qu’à New York». RFI/Anne Corpet

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