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Chronique des matières premières

Accord d’Artemis: vers la privatisation des ressources de l’espace?

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L’accord d’Artemis ouvre la voie à la conquête des ressources de l’espace.
L’accord d’Artemis ouvre la voie à la conquête des ressources de l’espace. Getty Images

À l’initiative des États-Unis, huit pays viennent de signer l’accord d’Artemis, du nom de la prochaine expédition américaine sur la Lune, prévue en 2023. Ce nouveau texte juridique autorise l’exploitation et la possession privée des ressources de l’espace.

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À l’image du Homestead Act qui avait lancé la conquête de l’Ouest américain au XIXe siècle, l’accord d’Artemis ouvre la voie à la conquête des ressources de l’espace. L’initiative vient de la Nasa. L’agence spatiale américaine prépare une expédition vers la Lune pour y installer une base pérenne, étape avant le grand voyage vers Mars.

Elle entend extraire et utiliser sur place les ressources naturelles dont elle aura besoin. Des métaux comme le fer et le titane ont été identifiés en plus grande quantité que prévu sur la Lune, et surtout de la glace, qui permettra de fournir l’eau, l’oxygène, l’hydrogène aux communautés humaines qui s’y installeront.

Glace et métaux

Mais à qui appartiennent ces matières premières ? Le traité sur l’espace de 1967 règle bien le problème de la propriété des planètes et des corps célestes : aucun État ne peut en revendiquer la souveraineté, mais il n’aborde pas la question de leurs ressources. Le traité de 1979 exige lui une répartition équitable des ressources entre tous les États, avec une attention spéciale pour les pays en développement, mais il n’a été signé par aucune puissance spatiale.

C’est ce qui a permis à des sociétés privées américaines de s’engouffrer dans la brèche. Dès 2015, Planetary Ressources expose publiquement ses ambitions sur les matières premières de l’espace. Le président américain de l’époque, Barack Obama, leur donne même une caution légale avec le Space Act, qui les autorise à extraire, posséder, transporter, utiliser et vendre des ressources spatiales.

Les États-Unis proposent des zones de sécurité

Aujourd’hui, l’administration Trump va plus loin avec un texte proposé aux autres États, qui autorise la création de « zone de sécurité » pour protéger les activités des pays et des compagnes privées sur un corps céleste. Aucune grande nation spatiale n’a signé, ni la Chine, ni la France, ni la Russie. Moscou juge qu’Artemis est une initiative trop américano-centrée.

Mais sept États ont déjà paraphé le document : l’Australie, le Canada, l’Italie, le Japon, le Luxembourg, les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni. Parmi eux, certains ont déjà montré leur intérêt pour l’exploitation privée des ressources spatiales.

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