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Chronique des matières premières

Affaire Navalny et amende polonaise: coups de grâce pour Nord Stream 2?

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Des installations du gazoduc russe Nord Stream 2 à Lubmin, au nord-est de l'Allemagne, le 7 septembre 2020 (image d'illustration).
Des installations du gazoduc russe Nord Stream 2 à Lubmin, au nord-est de l'Allemagne, le 7 septembre 2020 (image d'illustration). Odd ANDERSEN/AFP

Le gazoduc russe Nord Stream 2 n’est pas directement visé par les nouvelles sanctions européennes contre Moscou, après l’empoisonnement de l’opposant russe Alexei Navalny. Mais cette affaire, ainsi que l’amende de la Pologne contre Nord Stream 2, pourraient enterrer définitivement le projet gazier russe.

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L’affaire Navalny et l’amende polonaise pourraient bien être le coup de grâce pour Nord Stream 2. Le gazoduc de Gazprom est pourtant quasiment achevé, il reste seulement 120 km de tuyaux à poser au fond de la mer Baltique, sur 1 230 km au total.

L’affaire Navalny rend le projet difficile à défendre pour Berlin

Mais l’affaire Navalny empoisonne les relations de la Russie avec l’Allemagne. Si Angela Merkel, dans sa volonté d’imposer, avec l’Europe, des mesures de rétorsion contre Moscou, ne s’en est pas ouvertement prise à Nord Stream 2, ce gazoduc, qui est le fruit d’une longue coopération énergétique entre Berlin et Moscou, est de plus en plus encombrant pour la chancelière. Il est sous le coup de sanctions américaines. Des sanctions qui ont poussé le poseur de canalisation suisse Allseas à laisser le chantier russe en plan.

Amende polonaise : quid des partenaires européens de Gazprom ?

Et voilà que la Pologne condamne Gazprom à une amende de 6,5 milliards d’euros. L’autorité polonaise de la concurrence juge que le doublement de Nord Stream aura un impact négatif sur le marché gazier de la Pologne. Elle condamne aussi collectivement les compagnies énergétiques européennes, dont la Française Engie, qui faute de pouvoir constituer un consortium avec Gazprom, se sont arrangés pour financer la moitié du projet.

« Ces sociétés sont rattrapées par la patrouille, résume Thierry Bros, expert à l’Energy Delta Institute et professeur à Sciences-Po Paris. Elles n’ont pas encore dit si elles feront appel, ce qu’a déjà fait Gazprom. Mais ce pourrait être pour ces sociétés européennes une option pour sortir du projet Nord Stream 2. Elles auront perdu un milliard d’euros, mais les risques de sanctions américaines sont encore plus grands ».

De l’hydrogène un jour dans Nord Stream ?

Quant aux nouveaux tuyaux de Nord Stream 2, ni l’Europe ni les Russes n’en ont besoin tout de suite, l’accord de transit gazier a été renouvelé avec l’Ukraine jusqu’en 2024.

D’ici là, l’Europe voudra de l’hydrogène, souligne l’expert. Si la France veut en produire à base de nucléaire, le reste de l’Europe et en particulier l’Allemagne pourraient avoir besoin d’importer de l’hydrogène fabriqué à base… de gaz russe. Nord Stream pourrait donc ne jamais transporter de gaz, mais, peut-être, de l’hydrogène dans quelques années !

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