Accéder au contenu principal
Afrique économie

L'Afrique renforce son appareillage statistique

Audio 02:06
Ces dernières années, l’Afrique a fait d’énormes progrès en matière de formation à la science statistique.
Ces dernières années, l’Afrique a fait d’énormes progrès en matière de formation à la science statistique. CC0 Pixabay/Gerd Altmann

On l'ignore souvent mais sans statistiques, il n'y a pas de politique de développement efficace. L'Union africaine, soutenue par l'Union européenne, s'est dotée d'un programme en vue de renforcer son appareil statistque. La France y a grandement contribué. 

Publicité

« Les statistiques, c’est comme une lampe qui éclaire un chemin ». L’image employée par Maxime Bonkoungou, statisticien burkinabé est parlante. Sans statistiques, un Etat ne peut pas mener de politiques publiques efficaces.

« J’ai eu l’occasion de travailler au Soudan du Sud, où l’on avait une quantité de statistiques éducatives très réduites », se souvient Clément Dupont, chargé de projet chez Expertise France. « Il n’y avait pas de base de données et il était très difficile de savoir où étaient les écoles. On se demandait combien il y avait d’étudiants, combien de professeurs... Donc, on était dans un cas où il y avait des problèmes pour formuler des politiques éducatives de qualité. »

Renforcement des capacités statistiques

Clément Dupont et Maxime Bonkoungou travaillent pour Expertise France, l’agence de coopération technique française qui participe activement au programme de renforcement des capacités statistiques de l’Afrique. Depuis 2016, l’Union africaine travaille pour que chaque pays puisse se doter d’un appareil statistique performant, un programme soutenu financièrement par l’Union européenne, la Banque mondiale et la France.

« Une des composantes de notre action consiste à renforcer de façon institutionnelle les systèmes statistiques, notamment par la création d’un institut panafricain de statistiques. En Europe, nous avons Eurostat. Et en Afrique, il n’y avait rien jusqu’à maintenant, donc on a créé Statafrique qui est basée en Tunisie et qui a vocation à devenir “la” référence africaine pour la production de statistiques », explique Clément Dupont.

Difficultés à recenser régulièrement la population

L’Union africaine préconise que chaque pays consacre 0,15% de son budget à financer l’appareil statistique. Elle souhaite aussi que chaque pays puisse se doter d’un institut national. Mais beaucoup d’états ont encore du mal à recenser régulièrement leur population.

« Les recensements généraux de la population coûtent très cher. Ils réclament beaucoup de planification et de préparation en amont. Et c’est peut-être parce que c’est une opération lourde que certains pays n’arrivent pas à respecter le cycle des dix ans que l’on recommande pour les recensements généraux », suggère Maxime Bonkoungou.

Ces dernières années, l’Afrique a fait d’énormes progrès en matière de formation à la science statistique. Les écoles existent, mais en nombre encore trop réduit. Car les besoins sont énormes. Les États ne sont pas les seuls à avoir besoin de statisticiens, les entreprises privées en recrutent beaucoup. Au niveau de l’Union, le mot d’ordre panafricain est simple, il faut développer la formation.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.