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Invité Afrique

Burkina: Kadré Désiré Ouédraogo promet une réforme de l'armée contre le terrorisme

Audio 04:58
L'ancien Premier ministre burkinabè et ex-président de la Commission de la Cédéao, Kadré Desiré Ouedraogo, candidat à l'élection présidentielle.
L'ancien Premier ministre burkinabè et ex-président de la Commission de la Cédéao, Kadré Desiré Ouedraogo, candidat à l'élection présidentielle. SEYLLOU / AFP
Par : Bineta Diagne
11 mn

J-5 avant la présidentielle au Burkina Faso. Depuis hier lundi, RFI donne la parole à chaque candidat. Ce mardi matin, Kadré Désiré Ouedraogo, ancien Premier ministre de Blaise Compaoré de 1996 à 1998 et ancien président de la commission de la Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est notre invité. Pour cette élection, Kadré Désiré Ouedraogo est candidat au nom du mouvement « Agir ensemble ». Il est en ligne de Ouagadougou.

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RFI : Pourquoi êtes-vous candidat à la présidentielle ?

Kadré Désiré Ouédraogo : Ma candidature est une contribution patriotique à la paix, à la stabilité et à la sécurité du Burkina Faso. Je pense que nous devons opérer pour ce pays un nouveau départ, adopter une autre façon de faire la politique.

Une bonne partie du pays est minée par des problèmes d’ordre sécuritaire. Comment comptez-vous résoudre les conflits intercommunautaires ?

Je considère qu’il est nécessaire pour nous, d’opérer une réconciliation véritable de tous les Burkinabè. La société burkinabè est actuellement divisée et il faut que nous puissions faire en sorte que tous les Burkinabè reviennent et se mettent au service du Burkina Faso. Nous devons promouvoir cette réconciliation du mieux que nous pouvons.

Mais est-ce que vous avez aussi un remède concernant l’insécurité croissante liée au terrorisme ?

Nous devons revoir notre stratégie. Je prévois donc la réforme du secteur de défense et de sécurité, qui comprendra notamment des mesures sur la formation, les effectifs, les procédures, les équipements… Mais bien sûr, je considère que la réponse militaire ne doit pas être la seule contre le terrorisme. On doit envisager d’autres réponses qui sont de nature du développement économique, social, de nature culturelle. Je crois que c’est l’ensemble de ces réponses qui nous permettront d’arriver à des résultats tangibles pour la lutte contre l’insécurité.

Pourquoi est-ce que vous partez du principe qu’aujourd’hui la réponse n’est pas dans le tout militaire, mais qu’il y a aussi une réponse d’ordre social, culturel ?

Lorsque vous analysez la situation du développement de notre pays et surtout de ses régions, vous vous rendez compte que le développement est inégal. Il y a des zones de notre pays, malheureusement, qui ont accusé un certain retard dans le développement économique, que ce soit en matière de désenclavement, en matière d’équipement, en matière d’accès aux soins et aux services sociaux de base. Je pense que cette situation est de nature à pousser certains jeunes dans les bras de ceux qui pensent qu’ils peuvent résoudre les problèmes mieux que l’État. Il faut remédier à ce problème, en assurant la présence de l’État auprès de la population, en leur assurant un développement économique harmonieux équilibré. Il faudra insister sur les infrastructures, mais également sur l’éducation, la santé, les services de base. Il y a également que, du point de vue social, nous devons obtenir la collaboration des populations avec les Forces de défense et de sécurité.

Un mot concernant la stratégie adoptée par l’opposition… Fin août, vous avez signé, avec huit autres candidats de l’opposition, un accord. Le but étant de se ranger derrière un candidat commun, en cas de passage au second tour. Est-ce que vous comptez respecter cet accord, quelle que soit la personnalité de l’opposition qui arrive en deuxième position ?

J’ai toujours dit qu’il faut attacher un soin particulier au respect de la parole donnée. La stratégie que l’opposition a adoptée à travers la signature de cet accord, c’est de dire : « Nous devons unir nos forces pour opérer un changement au Burkina Faso ». Et par conséquent, s’il y a deuxième tour, que tout le monde s’aligne sur celui qui est le mieux placé, qui participe au deuxième tour, pour qu’ensemble, les idéaux et les idées de l’opposition puissent venir, pour que nous ayons de nouvelles solutions pour notre pays.

Donc vous respecterez cet accord, y compris avec votre ancien rival au sein du CDP ? Je veux parler d’Eddie Komboïgo.

Je crois qu’en signant cet accord –tout le monde, tous les signataires –nous respecterons cet accord, quelle que soit la personne qui vient au second tour.

Lors d’un meeting de campagne devant vos partisans, vous avez dit que les exilés rentreront au Burkina, y compris l’ancien président Blaise Compaoré. Quelle sera sa place ou en tout cas son rôle, si vous êtes élu ?

Le Burkina Faso a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour sa construction. Nous devons donc œuvrer à ce qu’il n’y ait plus de prisonniers politiques, nous devrons œuvrer à ce qu’il n’y ait plus d’exilés politiques au Burkina Faso, y compris l’ancien chef d’État. Je pense également que la place d’un ancien chef d’État est dans son pays, et il appartient à ceux qui dirigent le pays, de prendre les mesures nécessaires et de définir les modalités selon lesquelles il pourrait rentrer au Burkina Faso.

Le président sortant affirme que ce retour doit être préparé. Selon vous, à quelles conditions l’ancien président peut-il revenir ?

Ce retour doit être préparé, mais je constate simplement que le gouvernement actuel a eu cinq ans pour le faire et ne l’a pas fait.

Et vous, qu’est-ce que vous ferez de plus, si vous êtes élu ?

Je prendrai les mesures dans le cadre de la réconciliation nationale, pour ramener tous les fils du Burkina autour de ce pays, pour que nous puissions le relever. Donc cela comprendra des mesures favorisant la réconciliation nationale, sans occulter le principe de vérité, justice et réconciliation.

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