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Congo-B: les opérateurs économiques exigent le paiement de la totalité de la dette intérieure

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Une vue aérienne de Brazzaville au Congo (image d'illustration).
Une vue aérienne de Brazzaville au Congo (image d'illustration). © Education Images/Universal Images Group via Getty Images

Le gouvernement congolais vient de faire face à la dette des opérateurs économiques qui ont pré-financé les travaux de l’État. Cependant, les créances, bien qu’auditées, n’ont été réglées qu’en partie. Les opérateurs estiment qu’il sera difficile de relancer l’économie nationale avec le peu de la dette intérieure commerciale qui leur a été versée. Ils appellent à l’arbitrage du chef de l’État pour un règlement définitif de leur problème.

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Le Club de Brazzaville, qui regroupe quatre banques, a pu rassembler plus de 300 milliards de francs CFA en vue de payer les opérateurs économiques. Mais, l’opération de paiement n’a pas été à la hauteur des attentes selon Roger Obesse qui dirige un des Collectifs des opérateurs économiques. Il est loin d’être satisfait. « Nous sommes insatisfaits parce qu’on attendait que la dette intérieure 2014-2015, reconnue par le gouvernement, soit payée totalement. Là, elle est payée partiellement et on ignore comment ils vont faire avec le reste », se lamente-t-il.

Roger Obesse nous donne les chiffres détaillés sur les créances payées partiellement. « De 100 millions à 500 millions on a payé 30%. De 500 millions et plus on a payé 50%. Toute la dette auditée et validée de 179 entreprises s’élevait à 137 milliards de francs CFA. Or, le Club de Brazzaville a rassemblé plus de 330 milliards de francs CFA, mais on a payé partiellement sans justifier », décrit-t-il.

D'après ce responsable syndical, dans les conditions actuelles, il serait difficile de relancer l’économie congolaise plombée depuis 2014 par la chute des cours du pétrole dont elle dépend essentiellement. « On ne peut pas reprendre l’économie nationale maintenant. Quand vous êtes payés partiellement alors que vous avez la situation fiscale qu’il faut régulariser, tout comme la situation sociale et les fournisseurs qu’il faut payer, à quel moment voulez-vous qu’on reprenne l’économie ? », se désole M. Obesse.

Les opérateurs craignent que des créances non payées augmentent davantage le stock de la dette. Par la voix de Serge Bonguélé, ils appellent  désormais à l’implication du chef de l’État dans la résolution définitive de leur situation.

« Nous avions sollicité l’arbitrage du chef de l’État, en tant que père de la nation, afin qu’il puisse instruire une programmation générale, question de soulager le secteur privé. On dit que le secteur privé est le moteur de la croissance car il génère les recettes fiscalo-douanières, puis permet de payer les pensions de retraite, les salaires des fonctionnaires et les bourses des étudiants. Donc, les grands pays se sont développés grâce au secteur privé », argumente M. Bonguélé.

Au ministère du Budget l’on assure que le Club de Brazzaville est un mécanisme d’apurement partiel de la dette. D'autres clubs seront mis en œuvre en fonction de la conjoncture. « Le Congo est en programme avec le FMI et l'apurement de la dette est encadré par ce programme », conclut la source que nous avons contactée.

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