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Gabon: la ville de Bakoumba veut renaître, 30 ans après l'exploitation du manganèse [1/3]

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Les anciennes cités ouvrières de Bakoumba.
Les anciennes cités ouvrières de Bakoumba. © RFI/Yves-Laurent Goma

Dans les années 1960, Bakoumba était l’une des villes gabonaises prospères. Le chômage y était inconnu. L’eau, l’électricité, l’école et la santé étaient gratuites, même les logements étaient gratuits, tout ceci grâce au manganèse. Mais depuis 30 ans, cette belle époque est révolue. Le manganèse ne passe plus par là. La ville tombe en ruine. La Comilog, qui faisait transiter le manganèse par Bakoumba pour son exportation via le port de Pointe-Noire au Congo, a décidé de faire revivre cette ville.

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« Tout ce que vous voyez là, c’étaient des cités Comilog. Ici, tout le monde était logé, personne n’habitait au quartier », indique Arsène Painson, la cinquantaine révolue. Il est né à Bakoumba, d’un père français venu travailler dans le manganèse. À bord de son luxueux 4X4, il nous fait visiter sa ville, qu’il a quittée pour un emploi à Libreville.

« Ici, c’était la cité pour célibataires, ici la cité pour les ouvriers qui avaient des femmes. Vous avez la salle de cinéma. Ici en 1970, on mangeait des pommes, du saucisson, du jambon. La vie était agréable. Il y a aussi la cité agents de maîtrise et la cité cadres, il y avait un bloc opératoire. Moi-même, je suis né dans ce bloc. »

« C’était un petit paradis »

Bakoumba est une ville créée en 1962 par la Compagnie minière de l’Ogooué, la Comilog. À l’époque, le Gabon, qui n’avait pas de chemin de fer, évacuait son manganèse par le port de Pointe-Noire au Congo. Bakoumba était la Direction technique du manganèse, rappelle Fabrice Wada, fils du terroir. « C’était un petit paradis. On ne manquait de rien ou presque de rien. Les gens venaient de partout pour travailler à Bankoumba. »

La belle aventure a pris fin en 1991. Le Gabon, doté de son chemin de fer, a cessé d’exporter son manganèse via le port de Pointe-Noire au Congo. Tout s’est écroulé à Bakoumba. L’exode a dépeuplé la ville. Ceux qui sont restés sont frappés par le chômage, selon ces deux habitants de la cité. « Le chômage nous touche vraiment beaucoup ici. Il n’y a pas de boulot, il n’y a rien », dit l’un. « Il faudrait avoir le bras long pour avoir un emploi ici à Bakoumba », renchérit l’autre. 

Bakoumba, futur « vivier agricole » ?

Dans le passé, Comilog a déjà initié quelques activités économiques. Il y a quelques jours, l’entreprise a réuni la population pour arrêter ensemble une liste de projets à réaliser pour la renaissance de Bakoumba.

André Massard, directeur de la communication et des relations publiques de Comilog. « Dans la reconversion post-manganèse pour Bakoumba, nous envisageons de faire de Bakoumba un vivier agricole, afin de permettre à ce département de devenir le grenier de la province du Haut-Ogooué. »

Les effets de cette nouvelle politique doivent se faire ressentir dans 3 ans, selon le plan de développement local adopté par les deux parties.

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