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Le Gabon se met à l'heure du recyclage des déchets plastiques [2/5]

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Des déchets plastiques polluants en train de boucher un canal d'évacuation dans le quartier «Rio» à Libreville, le 31 mai 2018 (photo d'illustration).
Des déchets plastiques polluants en train de boucher un canal d'évacuation dans le quartier «Rio» à Libreville, le 31 mai 2018 (photo d'illustration). AFP - STEEVE JORDAN

L’élimination des déchets plastiques dans l’environnement reste un casse-tête dans beaucoup de villes africaines. Plusieurs projets, petits ou grands, se développent depuis quelques années, à l’initiative des particuliers ou des entreprises. Comme au Gabon, où le principal fabricant et distributeur de boissons alcoolisées et non-alcoolisées s’intéresse depuis deux ans à la filière récupération et valorisation des bouteilles en plastique. 

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La Sobraga (Société des brasseries du Gabon) a décidé de suivre ses bouteilles en plastique, de la production à la fin de vie. « Dans tout ce qui est valorisation des déchets plastiques, on essaye d’impulser une économie circulaire, de fédérer des acteurs qui sont soit dans la sensibilisation, soit dans la collecte, soit dans la transformation. En 2019 on a colleté un peu plus de 10 millions de bouteilles, mais en 2020, on a collecté plus de 50 millions de bouteilles », explique Christelle Obone, responsable de la communication de la Sobraga.

Et il y a deux ans, à la suite d’un appel à projets, c’est Namé Recycling, une entreprise créée au Cameroun qui a eu le marché de la valorisation des déchets plastiques à Libreville. En compagnie d’autres femmes, Joséphine nettoie des bouteilles plastiques récupérées dans la nature. « C’est ça qu’on fait toute la journée : laver à la main ce qui est presque propre », dit-elle.

Augmenter les capacités de recyclage

Mais pour optimiser la préparation du plastique à recycler, une machine de traitement automatisé vient d’arriver. « [Laver] à la main c’est bien ; on crée de l’emploi, mais il y a des bouteilles qui ne peuvent pas être lavées à la main. Donc, elles vont être traitées de façon automatique avec une ligne de lavage, qui nous permettra ainsi d’augmenter nos capacités de recyclage. On pourra passer du simple au double », indique Roblain Namegni, directeur général et fondateur de Namé Recycling.  

La transformation des bouteilles en plastique récupérées devrait commencer avant la fin de cette année pour fabriquer des intercalaires utilisés pour équilibrer les palettes de marchandises. Au Cameroun, Namé Recycling produit aussi des feuillards pour l’emballage, explique Roblain Namegni. « Pour le Cameroun, nous avons déjà réalisé l’année passée 3 500 tonnes de déchets collectés et recyclés, donc transformés. Nous avons la même ambition pour le Gabon, de pouvoir passer de 250 à 500 tonnes, et dans deux ans d’être à 1 500 tonnes de déchets plastiques collectés et recyclés. »  

Créé il y a six ans au Cameroun, cela fait deux ans que Namé Recycling est arrivé au Gabon. Diane Djaba, directrice pays de cette entreprise qui évolue dans l’économie circulaire, commence à percevoir un changement de comportement de la population. « Petit à petit, nous voyons de l’adhésion à ce concept de la meilleure gestion des déchets plastiques. »

Namé Recycling travaille avec le ministère de l’Environnement et les mairies de certaines villes du Gabon, notamment pour la multiplication des poubelles écologiques dans des lieux très fréquentés par le public.

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