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C'est dans ta nature

Le Domaine du Rayol, le Jardin des Méditerranées extraordinaire

Audio 02:39
Le paysagiste Gilles Clément a imaginé le Jardin des Méditerranées il y a 30 ans.
Le paysagiste Gilles Clément a imaginé le Jardin des Méditerranées il y a 30 ans. © RFI / Florent Guignard
Par : Florent Guignard
8 mn

La végétation du Cap en Afrique du Sud pousse dans le Var, dans le Sud de la France. Et pour cause : c'est le même climat méditerranéen, présent sur quatre continents. Visite guidée du Domaine du Rayol, un jardin mondial à la nature foisonnante.

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C'est un petit paradis vert qui descend jusqu'à la Grande bleue, sur la Côte des milliardaires, comme on l'appelait il y a 100 ans. Là où un garçon nommé Jacques Chirac apprit à jouer à la pétanque pendant l'Occupation. Son père travaillait pour le riche industriel Henri Potez, propriétaire de ce domaine de 20 hectares qui domine la mer, avec sa villa Art Déco aux murs ocres. Bien plus tard, le lieu faillit devenir un village de vacances, avant que le Conservatoire du littoral, chargé d'éviter le bétonnage des côtes françaises, ne le rachète et n'en confie il y a 30 ans « les clefs » au grand paysagiste Gilles Clément, l'auteur des jardins du musée du Quai-Branly et du Parc André-Citroën à Paris. Sous son impulsion, le Domaine du Rayol, à mi-chemin entre Saint-Tropez et Bormes-les-Mimosas, allait devenir un jardin des Méditerranées.

Une invitation au voyage

Le climat méditerranéen, chaud et sec l'été, frais et humide l'hiver, ne se rencontre pas seulement autour de la Méditerranée. On le trouve aussi en Californie, dans le sud de l'Australie, sur une petite bande du Chili et dans la région du Cap, en Afrique du Sud. Planté de végétaux venus de quatre continents, le Domaine du Rayol est une invitation au voyage, un tour du monde en 20 hectares. « L'idée de Gilles, c'était de faire voyager les gens, explique Alain Menseau, le botaniste qui veille sur le jardin. Les faire voyager avec leurs sens, toucher à l'émotion. Que les gens aient l'impression d'être aux Canaries, d'être en Australie, d'avoir les odeurs de l'Australie... »

Le Domaine du Rayol rassemble la végétation de six régions du monde sous climat méditerranéen.
Le Domaine du Rayol rassemble la végétation de six régions du monde sous climat méditerranéen. © RFI / Florent Guignard

Un voyage sensuel, qui fait appel au cœur plutôt qu'au cerveau. À la différence d'un jardin botanique, aucune étiquette n'identifie les plantes qui poussent au Domaine du Rayol. Eucalyptus, dragonnier, laurier rose, protées ou cactus... La nature, ici, est foisonnante. « C'est un jardin naturel. Ce qu'on veut, c'est que ça ressemble à la nature, et non à un jardin dans lequel l'homme intervient. Même si l'homme intervient, sourit Alain Menseau, en désignant deux des six jardiniers qui composent son équipe. Vous avez vu, ils travaillent. Mais il ne faut pas que ça se voit ! Quand un nouveau jardinier arrive ici, je lui dis d'oublier tout ce qu'il a appris. Et quand un visiteur me dit : "Mais c'est un jardin qui est délaissé !", je réponds que notre travail est précisément de faire croire que c'est délaissé ! »

Ni eau, ni engrais, ni pesticides

La nature, ici, a tous les droits, selon la philosophie de Gilles Clément : « Si un arbre se développe au point de déborder sur le chemin, on déplace le chemin. » Et la nature méditerranéenne n'est pas bien exigeante. Un sol pauvre et sec lui suffit : pas besoin d'engrais ni d'eau. Et même plus besoin de pesticides. « Trois ans après l'arrêt de tous les traitements, se souvient Alain Manseau, on a vraiment vu beaucoup plus d'insectes. Des papillons, des coccinelles... de tout ! Et pratiquement aussitôt, ce qui va avec : des oiseaux. Quand il y a beaucoup de choses à manger, il y a beaucoup d'oiseaux. » La nature s'équilibre et l'humain n'a presque plus rien à faire, qu'à contempler sa beauté.

Pourquoi les arbres perdent-ils leurs feuilles en automne ?

C'est par ses feuilles (et ses racines) que l'arbre se nourrit. Les feuilles produisent du sucre, grâce au soleil - c'est la photosynthèse. Mais quand les jours diminuent, dans les régions tempérées, la nourriture est moins abondante ; les feuilles perdent leur utilité. La chlorophylle, qui donne leur couleur verte aux feuilles, et qui est essentielle dans la photosynthèse, disparaît – les feuilles commencent à jaunir ou brunir. Avec le froid, elles risquent aussi de geler, et l'arbre, qui a la mémoire de l'automne, coupe le lien avec ses feuilles, qui finissent par tomber, privées de sève grâce à de petits bouchons de liège sécrétés par l'arbre. Mais à la différence des humains qui perdent leurs cheveux, les feuilles repoussent, avec l'arrivée du printemps et le retour du soleil.

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