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Comment les plantes font-elles l’amour?

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En butinant les fleurs d'un cerisier, puis d'un autre, ces deux abeilles vont transporter le pollen nécessaire à la fécondation.
En butinant les fleurs d'un cerisier, puis d'un autre, ces deux abeilles vont transporter le pollen nécessaire à la fécondation. © RFI/Florent Guignard

Au printemps, la saison des amours, nombre de végétaux fleurissent et entament le cycle de leur reproduction. La sexualité végétale est un jeu de hasard, dans lequel le pollen a un rôle essentiel, ainsi que quelques animaux.

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Une abeille butine une fleur de cerisier. Puis une autre… Scène ordinaire du printemps sous climat tempéré. Le printemps, la saison des amours, quand la sève remonte sous l’effet de la chaleur et du soleil revenus. Même les plantes font l’amour. Une forme de sexe virtuel. Sans se toucher, puisque les plantes ne peuvent pas bouger – c’est ce qui les distingue d’abord des animaux. Et c'est là qu'intervient l’abeille, dont les pattes et les poils sont désormais recouverts d'une poudre blanche. Du pollen.

Un grain de pollen, c’est comme un spermatozoïde végétal : c’est lui, minuscule, produit en quantité par les étamines (les organes mâles de la fleur) et déposé plus loin par notre abeille sur le pistil (l’organe femelle) d’une autre fleur, qui donnera naissance à un fruit, une graine.

« Regardez comme je suis belle »

L’immense majorité des plantes à fleur sont ainsi adeptes des plans à trois. Leur reproduction ne peut se faire sans l'aide d'un insecte, qui s'invite dans la partie, un papillon, un coléoptère, mais aussi un oiseau (le célèbre colibri, les mésanges…) et même un mammifère, la chauve souris.

Dans ce jeu de l’amour végétal, il ne sert à rien de plaire à son partenaire, qu'on ne connaîtra jamais. Et pourtant, avec leurs couleurs, leurs formes et leurs parfums, les fleurs semblent dire : « Regardez comme je suis belle ! » C’est qu’il s’agit de séduire les pollinisateurs, avec récompense à la clé : du pollen, qui contient des protéines, et du nectar, plein de sucre. Un échange de bons procédés : je te nourris, dit la plante à l’abeille, si tu m’aides à faire l’amour.

Le jeu de l’amour et du hasard

Mais d'autres plantes se passent très bien des auxiliaires pollinisateurs. Leurs fleurs sont d’ailleurs insipides et minuscules. Elles pratiquent le sexe sans risque ultime. Elles sont anémophiles, comme les pins, les graminées. Le vent disperse les grains de leur pollen, produits par millions pour multiplier les chances de fécondation, jusqu'à des centaines de mètres. Le jeu de l'amour et du hasard…

Mais les pollens peuvent causer quelques soucis aux humains. Une récente étude vient de montrer que la présence de pollens dans l’air qu’on respire augmente les risques de contamination au Covid-19, parce que les pollens agissent sur les défenses immunitaires, de la même manière que la pollution de l’air entraîne des risques d’allergie aux pollens. Le « rhume des foin », les yeux qui piquent, le nez qui coule, ce mal qui touche jusqu'à 30% de la population mondiale, est apparu avec la révolution industrielle du XIXe siècle.

En France, la saison des allergies au pollen a commencé avec les cyprès. De plus en plus tôt à cause du réchauffement climatique. Le début de la floraison intervient trois semaines plus tôt aujourd'hui qu'il y a 20 ans. À Londres, pour éviter que les graines et les fruits des arbres ne salissent les trottoirs, on a voulu supprimer les fleurs femelles en privilégiant des espèces mâles clonées. Résultat : encore plus de pollens, et encore plus de rhumes des foins.

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