Le paulownia, l'arbre gourmand de CO2

Audio 02:34
Le Paulownia est une importante espèce d'arbre à croissance rapide, largement répandue et appréciée par les populations.
Le Paulownia est une importante espèce d'arbre à croissance rapide, largement répandue et appréciée par les populations. © Blackstation/Gettyimages

Le paulownia est un arbre utile dans la lutte contre le réchauffement climatique, capable d'absorber 10 fois plus de dioxyde de carbone que les autres arbres, alors que la planète devrait battre en 2023 son record d'émission de CO2.

Publicité

Commençons par la mauvaise nouvelle, venue cette semaine de l'Agence internationale de l'énergie : les émissions de CO2, le dioxyde de carbone, l'un des gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique, devrait battre un nouveau record en 2023.

Mais on a une bonne nouvelle, et elle se trouve dans la nature. Les arbres sont nos armes pour lutter contre l'excès de CO2 produit par les activités humaines. « Si vous avez des arbres qui consomment une quantité élevée de dioxyde de carbone, c'est la nature qui résoudra le problème du réchauffement climatique. C'était ma théorie, et la théorie s'est vérifiée », affirme le scientifique hongrois Jozsef Steier qui a eu l'intuition que le paulownia était un arbre plein d'espoirs pour la planète, un arbre exceptionnel dont il a produit une variété hybride, plantée notamment à Marrakech au Maroc.

Record mondial de croissance 

Le paulownia est originaire d'Asie, reconnaissable à ses fleurs, mauves, en grappe, un peu comme les jacarandas. Rapporté en Europe, il fut baptisé en hommage à la princesse des Pays-Bas Anna Paulowna. C'est d'abord un arbre à la croissance remarquable : il gagne 2 centimètres par jour en été. Il est même entré dans le livre Guiness des records. Trois ans après sa naissance, un paulownia peut mesurer 10 mètres.

Surtout, il absorbe, en moyenne, 10 fois plus de CO2 que les arbres classiques. D'abord grâce à ses larges feuilles, selon l'agronome Daoud Raad, qui a importé des paulownias du Maroc au Liban, et qui promeut l'arbre en Syrie et en Jordanie. « Plus la surface de la feuille est grande, plus elle absorbe du CO2, explique-t-il. Le paulownia possède des feuilles de très grande taille, dont le diamètre dépasse parfois 1 mètre. Donc la feuille du paulownia a une très grande capacité d'absorption du CO2. »

Une photosynthèse remarquable

Mais plus encore que ses feuilles, c'est sa manière d'absorber le dioxyde de carbone qui le distingue. Le paulownia effectue une photosynthèse de type C4, comme seulement 3% des végétaux connus de la planète. Une photosynthèse beaucoup plus performante que l'immense majorité des végétaux de type C3. Jozsef Steier a fait ses calculs. « Quand la consommation des arbres C3 en Europe est de 13 tonnes par hectare et par an, les arbres C4, comme notre hybride de paulownia, ont un rendement de 100 tonnes », chiffre le chercheur hongrois.

Les programmes de plantation de paulownias se multiplient. Cet arbre écologique est aussi un puissant dépolluant, au bois d'excellente qualité. « Il filtre les eaux usées au niveau du système racinaire, précise Daoud Raad. En d'autres termes, on transforme les eaux usées en une plantation qui peut nous fournir du bois, du miel, de la verdure. C'est un arbre d'avenir. »

« Combien d'arbres faudrait-il planter pour absorber tout le CO2 en trop ? »

Beaucoup ! Pour compenser le bilan carbone d'un seul Français, il faut une soixantaine d'arbres par an. Et à l'échelle de la planète, ce sont 1 200 milliards d'arbres qu'il faudrait planter, selon le calcul de chercheurs suisses. Surface nécessaire : l'équivalent de la superficie des États-Unis. Ne reste plus qu'à la trouver...

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Suivez toute l'actualité internationale en téléchargeant l'application RFI