Chronique des médias

La richesse de la radio en langues locales

Audio 02:33
Ibrahima Ba est l'un des techniciens de la rédaction de RFI mandenkan et fulfulde.
Ibrahima Ba est l'un des techniciens de la rédaction de RFI mandenkan et fulfulde. © Sylvain Cherkaoui

RFI se développe dans les langues locales africaines, et notamment en fulfulde, avec une grille proposant des rendez-vous réguliers toute la semaine, en parallèle d’une programmation spécifique en mandenkan.

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Depuis un mois, on compte deux nouvelles stations, déclinée de RFI, qui émettent deux heures par jour en langues mandenkan (ou mandingue) ainsi qu’en fulfulde, la langue peule. La radio se fait entendre dans ces langues africaines sur une zone de 85 millions de locuteurs en Afrique de l’Ouest, de 130 millions si l’on y ajoute le haoussa, initié en 2007.

Ça n’a l’air de rien, mais la radio en langue locale c’est un peu la radio « du bout du chemin », comme dit Frédéric Garat, le coordinateur de cette rédaction mixte de 27 journalistes établie à Dakar. Autrement dit, c’est la possibilité pour des non francophones de découvrir RFI, non pas forcément dans les grandes agglomérations, mais à la campagne ou dans de petites villes éloignées de la capitale.

Au total, RFI en mandenkan et fulfulde bénéficie de 28 émetteurs FM, de Marqua au Cameroun à Rosso au Sénégal, en passant par Bouaké en Côte d’Ivoire ou Gao au Mali. La zone est couverte par ces FM, mais aussi par les ondes courtes ou encore 125 radios partenaires.

À lire aussi : Au cœur de la nouvelle rédaction de RFI en fulfulde-mandenkan

RFI n’est pas la seule à émettre en langues africaines. Depuis 2017, la BBC, qui diffusait déjà en quatre langues – le haoussa, le swahili, le somali et le kiroundi –, est passée à dix langues africaines. Quant à Voice of America, elle fait encore mieux puisqu’elle compte des éditions en treize langues locales sur le continent.

Pourquoi est-ce si important de parler ces langues ? Et bien d’abord parce que c’est, il faut bien le dire, le contraire de la colonisation. Il ne s’agit pas d’imposer sa langue, mais de donner sa place à la langue de l’autre. C’est une forme de reconnaissance d’un apport culturel. D’autant qu’on traite, dans ces langues locales, d’actualité internationale, comme l’intrusion au Capitole ou la crainte de la prise de Bangui par les rebelles.

Ensuite, l’écoute en langue africaine est souvent l’occasion de découvrir le reste de la grille en français ou en anglais. Loin de concurrencer la radio internationale, une édition locale peut au contraire lui servir de marchepied. Enfin, et surtout, c’est le meilleur moyen de lutter contre les infox, notamment en pleine pandémie, avec Priorité santé, mais aussi d’assurer la promotion des femmes, la défense de l’environnement, l’esprit de dialogue ou la richesse des rencontres.

La PDG de France médias monde, Marie-Christine Saragosse, ne s’en cache pas : il s’agit de « contribuer à la stabilisation et parfois à l’apaisement de certaines tensions entre communautés ». Écouter différents points de vue, et pas seulement ceux des autorités, c’est aussi une façon de découvrir ce qui fait l’essence même de la vie démocratique.

• RFI  Fulfulde

• RFI Mandenkan

 

Marie-Christine Saragosse, PDG de FMM
Marie-Christine Saragosse, PDG de FMM © RFI

 

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