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Chronique des matières premières

Plastique: le recyclage des masques sanitaires progresse mais reste insuffisant

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Plaxtil recycle des textiles depuis 2019, mais dès juin 2020, avec l'augmentation des masques jetables et la pollution que cela engendre, elle s'est mise à recycler les masques afin d'utiliser le plastique autrement
Plaxtil recycle des textiles depuis 2019, mais dès juin 2020, avec l'augmentation des masques jetables et la pollution que cela engendre, elle s'est mise à recycler les masques afin d'utiliser le plastique autrement © RFI/Sylvie Koffi

Avec le port du masque obligatoire désormais dans les écoles en France, la consommation de masques jetables en polypropylène a été multipliée au moins par cent depuis la rentrée. La gestion de ces nouveaux déchets plastiques est difficile, même si des circuits de recyclage s’organisent.

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Que faire des masques sanitaires jetables usagés ? Ces déchets deviennent de plus en plus envahissants, avec la généralisation du port du masque dans les entreprises et les écoles depuis la rentrée. De 50 millions de masques jetables consommés par semaine avant l’été, on est probablement passé à plus de 100 fois plus en quelques mois. Or ces masques chirurgicaux sont faits de matière plastique, des couches superposées de non tissé en polypropylène qui mettent près de 200 ans à se décomposer, presque autant que les sacs plastiques.

Intrus sur les chaînes de tri

Pour l’instant la consigne gouvernementale est de les jeter avec les ordures ménagères. Ils ont alors vocation à être incinérés, ce qui est déjà polluant en soi. Mais on en retrouve aussi beaucoup dans la nature. En ville, ils finissent souvent dans les égouts et deviennent alors une pollution dans les bassins de décantation des usines d’épuration d’eau, quand ils ne sont pas jetés dans la mauvaise poubelle, et là ils aboutissent sur les chaînes de tri, un véritable casse-tête pour les entreprises de recyclage, dont les machines sont encombrées par ces intrus, avec en plus, des risques de contamination.

Des initiatives mais pas de filière organisée

Il n’y a pas de véritable filière de recyclage de ces masques. Pour l’instant, les initiatives sont uniquement le fait de start-up, comme Plaxtil. Basée à Châtellerault dans le Centre-Ouest de la France, en Grande Aquitaine, l’entreprise décontamine aux UV les masques collectés dans des bornes, à la sortie des commerces ou des services publics, puis les retransforme en polypropylène recyclé pour fabriquer des objets de protection contre le Covid, comme des ouvre-porte, des attache-masques ou alors des fournitures scolaires. Grâce au soutien des collectivités locales de la région, une autre usine a vu le jour à Poitiers au début du mois de novembre. Mais avec 200 000 masques recyclés en cinq mois, on est très très loin des besoins. L’industrie plastique reconnaît qu'elle n'a pas d'action concertée, inquiète du manque de pérennité qu'aurait une filière de recyclage si l'usage massif des masques s'arrête dans six mois.

 

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