Chronique des matières premières

Covid-19: le retard des conteneurs bloque le commerce du riz indien

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Le riz indien avait été plébiscité par les importateurs africains, en 2020, pour son prix imbattable par rapport aux riz thaïlandais et vietnamien qui fournissent habituellement l’Afrique. (Image d'illustration)
Le riz indien avait été plébiscité par les importateurs africains, en 2020, pour son prix imbattable par rapport aux riz thaïlandais et vietnamien qui fournissent habituellement l’Afrique. (Image d'illustration) © AP/Dar Yasin

L’épidémie de Covid-19 ralentit la logistique dans le transport maritime. Et cela fait remonter les prix du riz indien, importé en masse par l’Afrique l’an dernier.

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Le Covid-19 refait des siennes dans le commerce mondial du riz. L’épidémie ralentit les opérations habituelles dans les ports européens. Les porte-conteneurs n’en finissent pas de rejoindre les ports asiatiques, où ils sont normalement censés charger les sacs de riz.

Cette pénurie de bateaux dans les ports indiens et les problèmes de transport intérieur en Inde, liés à la recrudescence de l’épidémie, rendent actuellement les nouvelles commandes de riz impossibles auprès de ce pays, témoigne un négociant.

Le prix du conteneur a triplé

Le riz indien avait pourtant été plébiscité par les importateurs africains en 2020 pour son prix imbattable par rapport aux riz thaïlandais et vietnamien qui fournissent habituellement l’Afrique. Il était quasiment 100 dollars moins cher à qualité identique. Mais depuis, la rareté des bateaux a fait flamber les prix du fret maritime.

Louer un conteneur vaut trois fois plus cher qu’en novembre : 150 dollars par tonne de riz, soit près de la moitié du prix de la cargaison de riz indien. Mais cela bloque aussi la sortie du riz indien et cela se répercute sur son prix, qui a lui aussi augmenté en décembre et en janvier.

Pas de problème de disponibilité indienne, mais de logistique

« Ce n’est pas un problème de disponibilité du riz indien », rassure l’économiste du CIRAD Patricio Mendez del Villar, « l’Inde a amplement les quantités pour approvisionner le marché », renchérit le négociant Mamadou Ciss.

Mais cet embouteillage logistique donne un coup de frein aux commandes futures, même si le riz indien afflue en ce moment vers les ports africains. Autre conséquence, l'écart va se resserrer un peu avec les prix du riz concurrent thaïlandais, qui pourrait reprendre des parts de marché en Afrique, à la faveur d’une meilleure récolte principale cet hiver.

 

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