Chronique des matières premières

La pression monte sur Nord Stream 2

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Tubes pour le gazoduc germano-russe Nord Stream 2.
Tubes pour le gazoduc germano-russe Nord Stream 2. © AP/Jens Buettner

Depuis l'empoisonnement présumé de l’opposant russe Alexeï Navalny, la pression européenne monte pour l’abandon du projet de gazoduc Nord Stream 2, censé doubler les capacités de livraison du gaz russe à l’Allemagne. .

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Le gazoduc Nord Stream 2 compte beaucoup pour Moscou. Il est l’un des plus grands projets d’infrastructures d’Europe. Long de plus de 1 200 km, d’une capacité annuelle de 55 milliards de mètres cubes par an, il relie la Russie à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique. Ce pipeline devrait doubler les capacités de Nord Stream 1 qui fournit déjà du gaz russe aux Allemands, mais aussi à d’autres pays européens.

Le chantier, qui coûte environ 12 milliards d’euros, est pratiquement terminé et le gazoduc pourrait entrer en service l’an prochain. Il est financé pour moitié par le géant russe Gazprom et pour le reste par cinq sociétés européennes, dont le français Engie. Un abandon de ce projet aurait donc des conséquences pour la Russie, dont l’économie dépend beaucoup des exportations du gaz.

Demande d'abandon du projet

Mais depuis l’emprisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny, la pression monte. Plusieurs pays européens demandent l’abandon de ce projet. Les députés européens ont déjà adopté une résolution demandant l'arrêt du chantier. Mais comme Nord Stream 2 est un projet privé, il est impossible d'empêcher sa réalisation si l'Allemagne a donné son accord.

Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Clément Beaune, a appelé Berlin à arrêter le projet. Le gouvernement allemand a aussitôt répondu en confirmant son attachement au gazoduc. Pour l’Allemagne, il est stratégique pour son approvisionnement énergétique. Le gazoduc n’en est pourtant pas à sa première controverse. Avant même l’affaire Navalny, les États-Unis et plusieurs pays européens, surtout ceux de l’est, se sont toujours opposés à ce Nord Stream 2. Ils jugent qu'il va accroître la dépendance allemande, voire européenne, vis-à-vis du gaz russe.

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