Chronique des matières premières

Le cuivre au plus haut depuis dix ans: nouveau supercycle des matières premières?

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Cuivre raffiné à la mine de cuivre et d'uranium Olympic Dam de BHP Billiton en Australie (image d'illustration).
Cuivre raffiné à la mine de cuivre et d'uranium Olympic Dam de BHP Billiton en Australie (image d'illustration). REUTERS - Sonali Paul

Pour la première fois depuis 2011, les cours du cuivre ont dépassé les 9 000 dollars ce mardi. Cette envolée simultanée des prix des métaux, de l’énergie et des produits agricoles, après le creux du Covid, marque-t-elle le début d’un nouveau supercycle des matières premières ?

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À plus de 9 200 dollars en séance ce mardi, le cuivre a presque retrouvé son pic de 2011. C’est la troisième semaine consécutive de hausse pour le métal rouge qui a gagné 30% en dix mois. Le cuivre bénéficie de son double statut : thermomètre d’une économie mondiale qui repart plus vite que prévu, Dr Copper est aussi un ingrédient majeur de la transition énergétique en cours, que ce soit dans les nouveaux véhicules électriques, les éoliennes ou les câblages. Or l’offre est déficitaire par rapport à la demande depuis l’an dernier. Le développement de nouvelles ressources minières est très lent.

Spirale haussière, des métaux au coton

Mais le cuivre n’est pas seul à connaître cette envolée. Nombre d’autres métaux, l’aluminium, le nickel, l’étain, retrouvent des niveaux de prix supérieurs à ceux d’avant la crise du Covid. Le pétrole a dépassé ce mardi le seuil des 66 dollars. Les matières plastiques enregistrent des hausses qui peuvent aller jusqu’à 25%. Les produits agricoles, céréales, oléagineux, coton, suivent aussi la pente ascendante, les pays importateurs stockant à nouveau, et notamment la Chine, dont les traders sont de surcroit revenus des vacances du Nouvel An chinois.

Supercycle ou surchauffe ?

Est-ce pour autant le signe d’un nouveau supercycle des matières premières comme ceux que l’humanité a connu au tournant du 19e et du 20e siècle, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, puis dans les années 1970 et enfin dans les 2010, lors de l’industrialisation de la Chine ? Des cycles pendant lesquels la pénurie d’investissements avait fini par entraîner une pénurie de matières premières et une flambée des prix puis de nouveaux investissements ? Certaines banques, Citi, JP Morgan, l’affirment déjà.

Réveil brutal pour l’économie réelle

Pour d’autres banques et analystes, telles que BMO Capital, il s’agit d’une surchauffe temporaire du secteur, liée à la reprise économique accélérée, mais aussi aux quantités astronomiques de liquidités qui s’engouffrent dans les matières premières à la faveur de la nouvelle faiblesse du dollar, alors que tout le monde craint un retour de l’inflation. Une bulle en somme, que la Chine pourrait faire éclater en normalisant sa politique monétaire.

En attendant l’économie réelle subit concrètement cette hausse des matières premières, avec des coûts supplémentaires difficiles à supporter pour des usines qui redémarrent.

 

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