Chronique des matières premières

Le coton ivoirien nouveau est arrivé

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Un homme ramassant du coton en Côte d'Ivoire. (Photo d'illustration)
Un homme ramassant du coton en Côte d'Ivoire. (Photo d'illustration) Naashon Zalk/Bloomberg via Getty Images

Deux nouvelles variétés de coton ont été mises au point pour améliorer le coton cultivé en Côte d'ivoire, un coton qui était sorti des standards ces dernières années.

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Elles s'appellent CI 123 et CI 128 et portent en elles tous les espoirs de la filière ivoirienne de coton. Ces noms de code sont ceux de deux variétés mises au point par le Centre nationale de recherche agronomique. Ces dernières années, les scientifiques ont été en effet appelés à la rescousse pour redresser une culture boudée par certains acheteurs.

Le constat, c'est l'association des sociétés cotonnières du pays qui l'a résumé la semaine dernière dans un point presse : « la fibre avait perdu certaines de ses caractéristiques et ne correspondait plus à la demande internationale ».

Un coton qui n'est plus assez blanc

Si la filière a réussi à augmenter sa production ses dernières années – le pays est le troisième producteur africain –, la qualité, elle, est en perte de vitesse depuis longtemps. « Il y a eu une lente dégradation », explique un négociant, « à tel point que certains filateurs ne veulent plus entendre parler de coton ivoirien ».

En cause, « un  problème de propreté, et de longueurs de fibres », explique notre interlocuteur. « Le coton ivoirien atteint péniblement les 27 mm de longueur, détaille un autre expert, alors que le standard est de 28 mm »La couleur est aussi indexée. L'or blanc ivoirien n'est plus si blanc, il est souvent taché, contrairement à celui cultivé de l'autre coté des frontières. Au final ce sont les prix qui en pâtissent avec un manque à gagner pour l'ensemble du secteur cotonnier.

Objectif, retrouver la confiance des acheteurs

Pourtant, la Côte d'ivoire était la référence en Afrique de l'Ouest, il y a 20 ans, avec un coton de grande qualité. Les nouvelles semences devraient permettre au pays de se refaire une réputation, puisque les facteurs génétiques déterminent la qualité de la plante. « Mais il faudra du temps pour retrouver la confiance », explique notre négociant, « les acheteurs internationaux devront tester la qualité et sa stabilité dans le temps, ce qui peut prendre quelques années ».

 

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