Chronique des matières premières

L’ombre du pétrole iranien plane sur les marchés

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Juste avant le retour de ces sanctions en 2018, l’Iran exportait près de 2 millions et demi de barils par jour.
Juste avant le retour de ces sanctions en 2018, l’Iran exportait près de 2 millions et demi de barils par jour. REUTERS/Raheb Homavandi/File Photo

L'Iran et les États-Unis ont entamé ce mardi 6 avril à Vienne des discussions indirectes. Elles visent à sauver l'accord de 2015 sur le programme nucléaire de Téhéran, un processus avec lequel Washington a rompu il y a trois ans. Ce début de négociations pourrait marquer le processus de la levée des sanctions américaines sur le pétrole iranien, rétablies par l’administration Trump. Cela pourrait avoir des conséquences sur les prix de l’or noir.

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Une levée des sanctions américaines serait un soulagement pour l’économie iranienne, très dépendante des recettes pétrolières. Juste avant le retour de ces sanctions en 2018, l’Iran exportait près de 2,5 millions de barils par jour. En chute libre depuis, les exportations s’élèvent aujourd’hui à quelques centaines de milliers de barils par jour, les chiffres officiels ne sont évidemment pas disponibles.

Mais si la levée des sanctions sera bénéfique pour Téhéran, elle risquera en revanche d’alimenter la volatilité de l’or noir sur les marchés. En effet, malgré une tendance haussière depuis le début de l’année, les cours du brut connaissent des fluctuations en raison de l’évolution de la crise sanitaire.

Une baisse des prix du pétrole ?

Un retour du pétrole iranien sur les marchés pourrait faire baisser les prix de l’or noir, car l’Iran est capable d’exporter 2 millions de barils par jours d’ici l’été si les sanctions sont levées. D’ailleurs, Téhéran s’y prépare depuis décembre. Cela perturberait également la stratégie de l’Opep et de ses alliés qui ont décidé la semaine dernière d’augmenter prudemment leur production, de 350 000 barils par jour en mai, encore d'autant en juin et de 450 000 en juillet.

La situation pourrait devenir encore plus compliquée avec la pandémie qui réserve toujours des surprises. En effet, l’Europe, grande consommatrice de pétrole, connaît une troisième vague de contaminations imposant un renforcement des restrictions de déplacements. Le virus se propage également à grande vitesse dans des pays qui sont autant de marchés porteurs pour l’or noir, comme l’Inde. L’évolution de la pandémie est actuellement la grande inquiétude des négociants et des pays producteurs de pétrole.

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