Chronique des matières premières

Le café cherche toujours une production vertueuse

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Un travailleur montre le café qu'il a récolté en Éthiopie. (Image d'illustration)
Un travailleur montre le café qu'il a récolté en Éthiopie. (Image d'illustration) Getty Images - Anthony Pappone

Début mars, le gouvernement américain a accordé une enveloppe de 5 millions de dollars à l’ONG Care afin de réduire le travail des enfants dans les champs de cafés éthiopiens. Les mauvaises conditions de production ont été constatées de par le monde, et si des efforts sont faits, il reste encore du chemin à parcourir.

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Ce sont plus de 500 milliards de tasses de café qui sont bues chaque année dans le monde. Le secteur pèse plus de 80 milliards de dollars. Mais peu de gens connaissent le coût humain de cette production avant de prendre leur dose de caféine chaque matin.

Le café est consommé dans les pays industrialisés. États-Unis, Allemagne et France sont les plus gros importateurs. Mais 90% des exportations proviennent des pays développés, Brésil, Vietnam, Colombie ou encore Éthiopie.

Le travail des enfants, fardeau de la filière

Dans tous ces pays producteurs, le phénomène du travail des enfants a été observé. La culture du café demande beaucoup de travail manuel pour la taille, la collecte du grain, le tri, la fertilisation ou encore le transport. Or les employés dans les fermes sont payés une misère – 3 dollars pour 45 kilos ramassés par exemple au Guatemala. Les familles embauchées ont donc souvent besoin de l’aide de leurs enfants pour augmenter la quantité ramassée et espérer un meilleur salaire.

Mais leurs conditions de travail sont souvent déplorables. Ils sont déscolarisés, sans couverture sociale, ils n’ont pas de contrat et sont parfois maltraités. Ainsi, selon le ministère du Travail américain, 20% des enfants travaillant dans le secteur seraient exploités. Ils seraient 34 000 au Vietnam par exemple, dont 12 500 âgés de moins de 15 ans. En Côte d’Ivoire, c’est carrément du trafic d’êtres humains qui a été révélé avec des enfants du Bénin, Togo ou Burkina emmenés de force dans les plantations ivoiriennes, contraints de rester 3 ou 4 ans avant de pouvoir rentrer.

George Clooney, acteur de la polémique

En Amérique du Sud, la situation a évolué avec l’apparition de lois et de programmes sociaux. S’ajoute à cela la montée en puissance du commerce équitable avec des cafés certifiés. Mais les scandales ne sont pas rares. Les géants Starbucks et Nespresso ont été épinglés car des employés mineurs travaillaient chez leurs fournisseurs. Des reportages ont montré des enfants de moins de 13 ans utilisés 40 heures par semaine dans les fermes, pour un salaire de misère.

Face à la polémique, l’acteur George Clooney, célèbre visage des pubs Nespresso, a encouragé les journalistes à enquêter. Membre du Conseil d’administration chargé de la viabilité, l’Américain a reconnu qu’il restait beaucoup de travail et qu’il serait réalisé. Accusées d’avoir violé le droit international, les deux entreprises ont stoppé leur partenariat avec les producteurs visés et lancé des enquêtes. Une réaction a posteriori, disent certains.

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