Chronique des matières premières

Kirghizistan: vers une éventuelle nationalisation de sa plus grande mine d’or

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Vue de la mine de Kumtor, Kirghizstan.
Vue de la mine de Kumtor, Kirghizstan. AFP PHOTO/VYACHESLAV OSELEDKO

Le président du Kirghizistan, Sadyr Japarov a signé vendredi dernier une loi, votée par le Parlement, qui ouvre la voie à une prise de contrôle par le gouvernement de la plus grande mine d’or du pays.

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La mine d’or de Kumtor est un site à ciel ouvert au sein des glaciers, à plus de 4 000 mètres d’altitude, à l’est du Kirghizistan. Elle est détenue et gérée par la compagnie Centerra Gold basée au Canada, l’État kirghiz n’en possède qu’un quart. Pilier de l’économie du pays, la mine emploie 4 000 personnes et contribue à environ 12,5 % du PIB du Kirghizistan. Mais la société canadienne est régulièrement accusée d’irrégularités fiscales et d’avoir violé les normes environnementales. Le gouvernement lui réclame d’ailleurs 3 milliards et demie d’euros d’amende, dont 2,5 milliards pour avoir déversé des déchets sur les glaciers.

Des accusations que récuse la compagnie qui propose à l’État kirghiz de régler le différend selon un arbitrage international si les deux parties n’arrivent pas à trouver une solution. Mais le gouvernement ne s’arrête pas là. Le Parlement du pays a voté récemment une loi autorisant le gouvernement à imposer une « gestion externe » à des entreprises étrangères violant l’environnement. Face à une éventuelle nationalisation de la mine, le Canada et le Royaume-Uni ont mis en garde les autorités du pays contre les « importantes implications pour les investissements directs étrangers au Kirghizistan » que donnerait cette mesure.

Une mine de tensions

La mine de Kumtor est et a toujours été l’épicentre de débats et de tensions. La population locale demande de longue date la nationalisation de la mine, ce qu’ont refusé les précédents gouvernements kirghiz. Des émeutes ont même éclaté ces dernières années à plusieurs reprises.

Mais la situation a changé depuis 2020, quand l’actuel président Sadyr Japarov est porté au pouvoir par la rue. Farouche adversaire de la compagnie canadienne, il a pris par le passé la tête d’un mouvement pour la nationalisation de la mine, ce qui lui a valu près de 4 années de prison. Désormais, il pourra mettre en œuvre ce qu’il a toujours défendu.

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