Chronique des matières premières

Riz : le petit grain stable des marchés

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L'Inde exporte 1 million et demi voire 2 millions de tonnes de riz par mois.
L'Inde exporte 1 million et demi voire 2 millions de tonnes de riz par mois. © CC0 Pixabay/ImageParty

Le riz nage à contre-courant. Alors que les prix des matières premières ont considérablement augmenté ces derniers mois, le riz, lui, résiste. Et ce n'est pas rien pour le continent africain, grand consommateur de petits grains blancs.

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Les consommateurs de riz devraient dire merci à l’Asie ! Car c’est grâce à la forte disponibilité de riz chez les grands exportateurs qu’il n’y a pas de pénurie et que les prix se maintiennent. Le moteur de l’approvisionnement mondial c’est l’Inde. Le pays est passé devant la Thaïlande depuis trois ans pour devenir le premier exportateur mondial.

Un titre qu’il n’a jamais autant mérité qu’en ce moment : l’Inde bat des records, et exporte 1 million et demi, voire 2 millions de tonnes par mois, soit une prévision pour 2021 de 15 à 16 millions de tonnes. « Un seul pays n’a jamais exporté autant », commente Patricio Mendez del Villar, économiste au Cirad, Centre de recherche agronomique pour le développement, et éditeur de la note de conjoncture Osiriz.

Plus de 50 % des exportations indiennes destinées à l’Afrique

Ces chiffres s’expliquent par des stocks importants combinés à de bonnes récoltes, le tout dopé par une politique commerciale agressive à des prix très compétitifs. Et New Delhi n’a pas dit son dernier mot prévient le chercheur du Cirad, car les rendements indiens pourraient être encore largement améliorés, si l’Inde se mettait à faire des semis de variétés hybrides à grande échelle, à l’instar de la Chine.

Ces exportations indiennes sont une bonne nouvelle pour l’Afrique qui reçoit 50 % du riz indien exporté. D’autant que les prix pratiqués sont très en deçà des prix thaïlandais et vietnamiens qui ont du mal à être aussi concurrentiels. Le riz importé permet d’avoir des prix relativement stables sur les marchés régionaux et locaux face à un riz local africain qui connaît lui souvent des fluctuations plus fortes.

Un marché qui n’a pas été perturbé par la Chine

Si les prix sur le marché mondial restent plus élevés qu’en 2019, c’est sans comparaison avec les hausses constatées sur les autres matières premières. Et pour 2021 il ne devrait pas y avoir d’emballement. Sauf gros accident climatique les prix ont déjà atteint leur plus niveau estime un de nos interlocuteurs, car on entre dans une période de récolte et dès septembre il y aura beaucoup de riz sur le marché.

Pour une fois et c’est rare, la Chine n’a pas perturbé les cours ces derniers mois. Le riz est si vital qu’il est géré comme une matière stratégique. Pékin stocke deux fois plus de riz que les autres pays consommateurs et concentre aussi 70 % des stocks mondiaux ! La consommation chinoise tendrait même à baisser à la faveur d’une alimentation plus diversifiée.

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