Reportage Afrique

Afrique du Sud: dans le Limpopo, un orphelinat pour les rhinocéros

Audio 02:15
En Afrique du Sud, si le braconnage des rhinocéros est ces derniers temps en baisse, la situation reste alarmante. Le parc Kruger par exemple, a perdu près des deux-tiers de sa population sur les 10 dernières années.
En Afrique du Sud, si le braconnage des rhinocéros est ces derniers temps en baisse, la situation reste alarmante. Le parc Kruger par exemple, a perdu près des deux-tiers de sa population sur les 10 dernières années. RFI/Elisa Drago

En Afrique du Sud, lorsque les rhinocéros sont braconnés, leurs bébés sont laissés à l’abandon, trop jeunes pour survivre seuls. C’est pourquoi il existe un centre, dans la province du Limpopo, au nord du pays, pour les recueillir, le temps qu’ils deviennent indépendants et puissent être relâchés dans les réserves.

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De notre envoyée spéciale dans le Limpopo,

C’est une routine bien installée : à des heures précises, Yolandé van der Merwe doit être prête à nourrir les bébés rhinocéros avec du lait en poudre et du riz bouilli. Car les appétits sont grands et les bêtes de moins d’un an peuvent avaler jusqu’à 20 litres par jour. « Depuis que nous avons ouvert, il y a 8 ans, nous avons adapté notre recette. On prend du lait écrémé en poudre, et on ajoute un faible pourcentage de matière grasse, pour essayer de recréer le mieux possible ce que leur donnerait leur mère », explique Yolandé van der Merwe.

Janie Van Heerden remplit les biberons sur lesquels le nom de chaque orphelin est inscrit. « Là, ils nous attendent, on va aller les appeler, car la journée ils sont laissés libres dans leur enclos. » Un petit rhinocéros approche. Yolandé nous le présente. « Ce petit rhinocéros, c’est Mapimpi. Sa mère a été victime du braconnage alors qu’il n’avait que 5 ou 7 jours. Il était vraiment tout petit. Il a bien grandi en un an, il pèse maintenant 400 kg, c’est devenu un petit monstre », s’exclame-t-elle.

► À écouter aussi : Afrique du Sud: les rhinocéros du parc national Kruger sous surveillance

Limiter la présence humaine

Dans le centre, qui fonctionne grâce à des dons privés, pas de touristes, pour limiter la présence humaine. Car l’idée est bien de remettre ces rhinocéros en liberté, selon Yolandé, une fois qu’ils ont 4 ou 5 ans. 

« Les femelles vont entrer dans leur période de sevrage, donc d’ici 6 mois, on ne jouera plus avec elles, on n’ira plus dans l’enclos. Il est vraiment nécessaire de briser ce contact humain, car lorsqu’elles seront relâchées, on ne veut pas qu’elles deviennent des animaux qui posent des problèmes, et on ne veut pas non plus qu’elles s’approchent naturellement des braconniers », soutient Yolandé.

Un lieu hautement protégé

Le lieu est très protégé, car les rhinocéros continuent d’être tués pour leurs cornes, vendues en Asie à des prix exorbitants à cause de leurs prétendues vertus curatives. Un trafic qui a encore de beaux jours devant lui, selon Arrie van Deventer, le fondateur de l’orphelinat.

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« C’est un énorme commerce, c’est comme si l’on voulait s’attaquer au trafic de drogue. Comment arrêter cela ? Il y a trop d’argent en jeu. Il faut que les gouvernements s’impliquent et disent "stop, c’est fini". C’est une guerre qu’on est en train de mener, et on ne peut pas la perdre. Et ce ne sont pas des individus isolés ou en petits groupes qui agissent, c’est du crime organisé », avance Arrie van Deventer.

Une centaine de rhinocéros ont déjà été relâchés depuis la création du centre.

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