Reportage Afrique

Une entreprise de sécurité sud-africaine entraîne ses chiens à détecter le Covid-19

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MacGyver, chien de la brigade canine K9 Law Enforcement, à Johannesburg, Afrique du Sud, le 23 avril 2021.
MacGyver, chien de la brigade canine K9 Law Enforcement, à Johannesburg, Afrique du Sud, le 23 avril 2021. © RFI/Romain Chanson

En Afrique du Sud, une compagnie de sécurité privée entraîne ses chiens à détecter le Covid-19. Cette entreprise est habituée à travailler dans les aéroports sud-africains où ses brigades canines recherchent des traces d'explosifs ou des cargaisons de drogues. Ailleurs dans le monde, des brigades canines anti-Covid-19 ont déjà été déployées à l'aéroport de Dubaï aux Émirats arabes unis ou à l'aéroport international d'Helsinki en Finlande. Bientôt au tour de Johannesburg ? Reportage près de l'aéroport international O.R Tambo, où les chiens sont entraînés en prévision d'un futur déploiement.

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Avec notre correspondant à Johannesburg, Romain Chanson,

Un beau Labrador au poil caramel débarque dans l'entrepôt. Son nom : MacGyver. Le chien a une mission : identifier lequel des 8 échantillons installés sur un tourniquet contient l'odeur du Covid-19. Un entraînement simple, efficace et rapide explique la dresseuse Chelsea Mercado. « Nous travaillons avec un laboratoire qui nous fournit des échantillons de sueur de patients atteints du Covid-19 et nous enseignons aux chiens quel échantillon trouver et comment l'indiquer en s'asseyant devant par exemple. Ensuite nous récompensons le chien pour qu'il comprenne bien qu'il faut chercher l'odeur ciblée. »

MacGyver ne nous déçoit pas. Il a tout bon. D'après plusieurs études, la détection du Covid-19 par la truffe des chiens est efficace à environ 95%. Si la méthode a fait ses preuves, sa mise en place est plus compliquée. Plusieurs pistes sont à l'étude explique Gideon Treurnich, responsable des entraîneurs canins. « La première piste c'est de renifler directement le passager. Une autre piste, c'est de demander au passager de vous fournir un échantillon de sueur. Ensuite vous placez cet échantillon dans un conteneur pour le chien qui pourra le renifler. »

Cette dernière méthode a un avantage : elle permet de faire les tests à l'écart du public, ce qui est moins discriminant et moins impressionnant pour les passagers qui auraient peur des chiens.  

« Tous les chiens que nous déployons dans les aéroports sont amicaux avec les hommes, affirme Gideon Treurnich. Néanmoins, certains ont une apparence qui a l'air plus agressive que d'autres. On devra donc s'assurer que les chiens qui patrouillent dans les aéroports ne font pas peur aux passagers. »

Si la méthode est approuvée, c'est un nouveau marché qui s'ouvre pour cette entreprise de sécurité, anticipe le Colonel Roberts, responsable national des opérations. « Le virus n'est pas prêt de disparaître donc je pense qu'il y a un long processus pour s'assurer que c'est efficace. Ensuite, on pourra s'étendre à d'autres pays africains. »

Cinq chiens ont été entraînés et seraient prêts à être déployés à l'aéroport international de Johannesburg. À terme, l'objectif est de former une vingtaine de chiens pour couvrir les principaux aéroports sud-africains.

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