Reportage Afrique

Kenya: des réfugiés s'entraînent pour les JO de Tokyo

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L'athlète Anjelina Nadai Lohalith, une réfugiée du Soudan du Sud, lors d'une séance d'entrainement pour les 1500 mètres aux JO de Tokyo.
L'athlète Anjelina Nadai Lohalith, une réfugiée du Soudan du Sud, lors d'une séance d'entrainement pour les 1500 mètres aux JO de Tokyo. © AFP/Tonya Karumba

Pour la deuxième fois dans l’histoire des Jeux olympiques, une équipe de réfugiés va pouvoir participer à la compétition internationale. Originaires de 11 pays différents et concourant dans 13 sports, quatre d’entre eux sont réfugiés au Kenya. Après avoir participé aux JO de Rio en athlétisme, ils vont courir à nouveau à Tokyo. En 800 et 1 500 mètres. En attendant le départ pour le Japon, ils s’entraînent ensemble sur les hauteurs de Ngong, à 25 kilomètres de la capitale kényane.

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De notre correspondante à Nairobi, Albane Thirouard

Le jour se lève tout juste au-dessus du centre d’entraînement de Ngong. Mais il est déjà temps pour les athlètes d’aller s’entraîner. Anjelina Nadai Lohalith se prépare pour courir les 1 500 mètres à Tokyo. Originaire du Soudan du Sud, elle est arrivée au camp de réfugiés de Kakuma enfant, fuyant la guerre civile et laissant sa famille derrière elle. Ce n’est qu’en 2015 qu’elle commence vraiment l’athlétisme.

Après avoir participé à une course qui lui a permis d’intégrer le centre d’entraînement fondé par l’ancienne marathonienne, Tegla Loroupe. Une sélection qui l’amène à Rio en 2016. « Je n’avais jamais entendu parler des Jeux olympiques avant. Même la course à pied, j’étais loin d’imaginer qu’on pouvait courir de façon professionnelle. J’ai vraiment réalisé ce qui se passait quand notre équipe est entrée dans le stade Maracaña à Rio. J’en ai même pleuré. On était tellement heureux… Ça nous a donné de l’espoir et on a vu que des portes s’ouvraient pour tous les réfugiés. »

Rattraper le temps perdu

Anjelina et la vingtaine de réfugiés à Ngong s’entraînent maintenant au côté des athlètes kényans. Un entraînement perturbé par les mesures sanitaires prises au Kenya. Le centre est resté fermé plusieurs mois. Et les réfugiés ont dû retourner à Kakuma. Pour rattraper le temps perdu, l’entraîneuse Sarah Kiwanuka ne laisse rien passer, car elle vise grand pour Tokyo. « Ce sont de super athlètes. Les quatre sont tous très disciplinés. Ils sont dans leur temps, font ce qu’on leur demande. Et ils sont très motivés, ils fournissent même un effort supplémentaire. J’ai de grands espoirs pour eux. » 

Médaille ou pas médaille à Tokyo, pour James Nyang Chiengjiek, réfugié du Soudan du Sud et coureur en 800 mètres, l’enjeu est plus important. « Ce n’est pas seulement à propos du sport. C’est envoyer un message au monde pour dire que les réfugiés sont des êtres humains et ont du talent. On a été chassés de nos foyers à cause de situations comme la guerre au Soudan du Sud, pas par choix. C’est aussi un message à nos dirigeants, pour qu’ils s’engagent dans un vrai effort de paix. »

Pour porter ce message, les athlètes réfugiés feront leur entrée dans le stade de Tokyo le 23 juillet sous les couleurs du drapeau aux cinq anneaux.

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