Reportage Afrique

Soudan du Sud: la violence armée continue de faire des ravages

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Des milliers de civils se sont réfugiés dans les église à Juba, fuyant les violences de la capitale.
Des milliers de civils se sont réfugiés dans les église à Juba, fuyant les violences de la capitale. Peter MARTELL / AFP

Dix ans après son indépendance, le Soudan du Sud reste un pays meurtri. Malgré le cessez-le-feu de 2018, les violences armées se poursuivent sur fond de conflits intercommunautaires et de prolifération d’armes parmi les civils. À Juba, le CICR prend en charge des centaines de blessés par balles chaque année. 

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Une salle d’opération appuyée par le CICR dans l’hôpital militaire de Juba. C’est l’un des deux seuls centres de chirurgie de guerre équipés au Soudan du Sud, où pourtant, malgré le cessez-le-feu de 2018, la violence armée reste très élevée. Malii Mayuom se remet d’une opération à la hanche, suite à des affrontements dans son village de l’État de Lake State. « Ma maison a été brûlée au cours d’une attaque de voleurs de bétail. Ils sont venus et ont brûlé tout le village. On a fui, puis des affrontements avec des tirs par balles et j’ai été blessé », raconte-t-il.

Ce matin-là, Belaina Assafa, chirurgien éthiopien employé par le CICR, fait le tour des patients. Il s’inquiète pour l’état de Moses, très amaigri et qui semble ne pas l’entendre. Atteint de plusieurs balles à la hanche, mais aussi au bassin, il a connu une longue errance avant de pouvoir être soigné ici, et son état s’est aggravé. « Il est un peu confus. Il est arrivé ici 56 jours après avoir été blessé et il a été abandonné en brousse. Pendant presque trois jours, il a dormi tout seul en brousse. C’est pour cela qu’il est si affaibli », explique le médecin.

Depuis 2011, le CICR a pris en charge 9 000 blessés par balles au Soudan du Sud. Malgré l’accord de paix, ils sont encore des centaines chaque année. L’an dernier, un quart d'entre eux étaient des femmes et des enfants. « Évidemment ce sont des nombres qui sont plus bas que pendant le pic du conflit entre 2013 et 2018, mais ça reste des nombres très élevés, constate Lucien Christen, en charge des relations publiques du CICR au Soudan du Sud. Le problème, c’est qu’à travers le Soudan du Sud, les armes à feu sont facilement disponibles, qu'énormément de gens en possèdent, et que donc des violences armées intercommunautaires et puis le conflit en Équatoria-Central prennent des dimensions beaucoup plus significatives. »

Ces cycles de violences laissent des traces visibles ou invisibles durables dans les communautés. Le CIRC qui fournit également à ceux qui en ont besoin prothèses ou des soins psychologiques.

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