Reportage France

Covid-19: pour un hommage national aux victimes de la pandémie

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Le gouvernement s’est déjà dit favorable à l’organisation d’un «moment» de recueillement national en hommage aux victimes du Covid-19, sans préciser ni la date ni la forme.
Le gouvernement s’est déjà dit favorable à l’organisation d’un «moment» de recueillement national en hommage aux victimes du Covid-19, sans préciser ni la date ni la forme. © AFP/Frédérick Florin

En France, des familles de victimes de la pandémie de Covid-19 se mobilisent pour un hommage national. D’autres pays l’ont déjà fait, comme le Royaume-Uni et la Suisse qui ont observé une minute de silence, les 23 mars et 5 avril et en Chine, où une journée de deuil national a été organisée le 4 avril. 

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Un an après la mort de son mari qui s’est éteint seul dans une maison de retraite fermée aux familles à cause du confinement, José Morvan vit toujours au ralenti. Chez elle, rien n’a bougé.

« J’ai envie de faire une rénovation dans ma maison. Elle a 25 ans, mais il y a des choses dont je ne peux pas me défaire. Par exemple, son petit coin de bureau, je ne peux pas envisager de tout retirer. Je ne peux pas parce que je me dis que ma conduite a fait que je l’avais déjà abandonné par la force des choses, mais là je ne peux pas détruire son univers », déclare José Morvan.

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Un deuil impossible

Ne pas avoir pu accompagner jusqu’au bout « l’amour de sa vie », comme elle dit, celui qui a été son mari pendant près de 57 ans, c’est ce qui rend pour José Morvan, le deuil impossible. 

« Il ne méritait pas de mourir dans ses conditions. Cela s’est passé d’une façon tout à fait inhumaine. Le fait que nous ne puissions pas être là au moment où il meurt, déjà. Deuxièmement, ils ont été mis nus dans des housses plastifiées et ensuite tous ces cercueils étaient stockés », se remémore José Morvan. Puis d'ajouter : « Alors je sais que tous ceux qui perdent un être cher d’une maladie, d’un cancer, c’est douloureux. Mais la différence, c’est qu’ils peuvent suivre la mise en bière, fermer le cercueil... Tandis que nous, rien de tout cela ne nous a été autorisé. Donc, on a vraiment le sentiment de les avoir abandonnés. Je n’arrive pas à m’en remettre de cela... », dit-elle.

« Au jour de leur décès, ils deviennent des statistiques »

Aujourd’hui, la vie de José Morvan est rythmée par ses visites au cimetière. Elle s’y rend tous les deux jours. Pour l’aider à avancer, elle demande, comme les autres membres de l’association Victimes du Covid-19, qu’une journée d’hommage national soit organisée. « Le président de la République a dit qu’on était en guerre. Et à chaque guerre, la Nation sait honorer ses morts », souligne Lionel Petitpas.

Fondateur de l’association, il a lui-même perdu sa femme. « Toutes ces personnes de leur vivant ont quand même été des individus : des hommes, des femmes, des pères, des frères, et au jour de leur décès, ils deviennent des statistiques. Je trouve cela inacceptable. J’aimerais bien un type d’hommage qui a été fait dans le style de Samuel Paty. C’est assez classique, le président de la République peut prononcer un discours ; évidemment, nous, l’association, être conviés à dire quelques mots et effectivement, la Nation se pose quelques minutes et pense à ses morts. »

Le gouvernement s’est déjà dit favorable à l’organisation d’un « moment » de recueillement national, sans préciser ni la date ni la forme. Le 18 mai, Lionel Petitpas et des membres de l’association seront reçus à Matignon, par un collaborateur de Jean Castex.

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