11-Septembre: pour les musulmans américains, plus rien n'a jamais été pareil après les attentats

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Deux jeunes filles dans le quartier de Brooklyn à New York (image d'illustration).
Deux jeunes filles dans le quartier de Brooklyn à New York (image d'illustration). Getty Images via AFP - STEPHANIE KEITH

Après le 11-Septembre, les États-Unis ont adopté une série de mesures sécuritaires, destinées à protéger le pays. Mais ces politiques et le discours qui les a accompagnées durant des années ont eu des conséquences sur les Américains musulmans. D'autant plus que certaines décisions adoptées ces dernières années, comme le Muslim Ban, sont la continuité de ce qui s’est passé le 11-Septembre.

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De notre correspondante à New York,

« Tout le monde dit qu’ils se souviennent exactement d'où ils étaient ce jour-là. Je crois que je suis l’une des rares qui ne se souvient pas très bien ». Lorsque les attentats du 11-Septembre ont eu lieu, Isra Al Dosoughi avait tout juste 9 ans. Si ses souvenirs de ce jour-là sont flous, elle sait que les choses n’ont plus jamais été pareilles. « Je crois qu’avant, les musulmans passaient inaperçus. Il n’y avait pas forcément de négativité à notre égard mais les choses ont changé après ça, pour les années qui ont suivi, jusqu’à aujourd’hui. » Isra est d’autant plus concernée qu’elle porte le voile ce qui lui vaut parfois des insultes dans la rue, aujourd’hui encore.

« Les gens nous regardent différemment »

En 2001, 500 actes islamophobes avaient été enregistrés contre une vingtaine l’année précédente. Depuis, les chiffres ne sont jamais revenus à leur niveau d’avant les attaques. En 2016, lors de la campagne de Donald Trump, une nouvelle hausse a même été enregistrée.

« Les gens nous regardent différemment. Et ce n’était pas le cas avant. Mon identité n’était pas au cœur des discussions quotidiennes comme elle l’est désormais. Le fait d’être musulman, palestinien, on n’en parlait pas autant avant », explique Waleed Abbasi qui avait lui aussi 9 ans en 2001. Contrairement à Isra, il se rappelle de ces moment-là. « J'ai compris à la façon qu'avaient mes parents de parler ou d’éviter de dire certaines choses qu’ils s’inquiétaient de voir notre monde changer. Je me souviens qu’ils ont mis un drapeau américain sur notre balcon. »

Le racisme, les politiques américaines sont autant de raisons qui ont poussé ce natif du New Jersey à devenir avocat. « Je voulais retrouver la foi en notre justice américaine, notre démocratie et je voulais faire partie du changement », affirme-t-il.

Des conséquences au quotidien

Waleed a notamment en une expérience particulière avec la NYPD lorsqu’il était à l’université. La police de New York espionnait l’association d’étudiants musulmans à laquelle il appartenait. Un vaste programme d’espionnage qui visait également des mosquées, des organisations caritatives et politiques, révélé en 2012. « On ne faisait rien de mal ! On avait 18-19 ans et on parlait de filles et de chansons de rap. Quand on a su qu'on était surveillés, ça m’a secoué, parce que ça a détruit mon droit à la vie privée », se rappelle le jeune homme/

Waleed et Isra expliquent tous deux qu’avoir grandi dans l’Amérique de l’après 11-Septembre les a rendus plus investis dans la politique de leur pays, parce que d’une façon ou d’une autre, ces politiques ont forcément des conséquences sur leur quotidien.

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