Revue de presse Afrique

À la Une: un jeune nouveau Premier ministre en RDC

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Le président de la RDC Félix Tshisekedi.
Le président de la RDC Félix Tshisekedi. © Ludovic Marin/AFP

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« Il n’était pas l’homme le plus attendu pourtant c’est son nom qui est désormais sur toutes les lèvres, s’exclame le site d’information congolais Cas-Info. Jean-Michel Sama Lukonde est le nouveau premier ministre du futur gouvernement d’Union sacrée en cours de construction. Nommé hier par le chef de l’État, Félix Tshisekedi, celui qui était jusqu’à présent directeur général de la Gécamines prend de vitesse les grands noms de la scène politique congolaise que beaucoup de Congolais attendaient. Pas de Moïse Katumbi ni de Modeste Bahati comme certains avaient spéculé. Le choix du jeune ingénieur s’est décidé dans les derniers instants de négociations, croit savoir Cas-Infos. (Des négociations menées avec Moïse Katumbi, dont Lukonde est un proche) C’est le "consensus" qui a primé, assure-t-on du côté d’Ensemble pour la République, le parti de l’ancien gouverneur du Katanga. »

En tout cas, conclut Cas-Info, « Jean-Michel Sama Lukonde devient à 43 ans l’un des plus jeunes premiers ministres de l’histoire de la RDC. Il a devant lui d’immenses chantiers. »

Vers un gouvernement restreint ?

Le nouveau Premier ministre congolais doit maintenant s’atteler à la formation de son gouvernement…

« Interrogé sur les critères devant conduire à la sélection des futurs ministres, pointe 7 sur 7, Sama Lukonde a notamment insisté sur la bonne moralité des candidats. Dans la foulée, il a promis que dans son gouvernement, il y aurait une grande participation de la jeunesse mais aussi des femmes. Enfin, le nouveau Premier ministre a annoncé que la taille de son gouvernement serait réduite par rapport au gouvernement Ilunga, et ce conformément à la volonté du chef de l’État. »

La carte de la nouveauté

Au départ, c’est Moïse Katumbi qui était pressenti, révèle Afrikarabia.

Mais « il a clairement décliné l’offre, préférant ne pas être comptable de la politique présidentielle en cas de candidature aux élections de 2023 où il risquerait de se retrouver face à Félix Tshisekedi. Le président congolais a donc préféré jouer la carte de la jeunesse et de la nouveauté, pointe Afrikarabia. Jean-Michel Sama Lukonde n’est pas un cacique de la politique congolaise et symbolise l’image parfaite de la génération montante. »

Tours de force…

En tout cas, « sa tâche ne sera pas aisée, poursuit Afrikarabia. La conjoncture économique est morose, l’épidémie de Covid-19 et le retour d’Ebola inquiètent, les caisses de l’État sont vides et l’insécurité prédomine toujours à l’Est du pays. (…) Et former un gouvernement qui soit représentatif de la diversité de l’Union sacrée va tenir du tour de force. L’attelage hétéroclite de la nouvelle majorité présidentielle qui va de dissidents FCC à l’UDPS en passant par l’UNC, le MLC, Ensemble et l’AFDC de Modeste Bahati, risque de tourner à la foire d’empoigne pour l’obtention des maroquins. »

Qui plus est, commente encore le site spécialisé sur la RDC, « sans expérience politique majeure, Jean-Michel Sama Lukonde pèsera bien peu face à l’armée mexicaine que représente l’Union sacrée et surtout face à un hyper-président qui a désormais tous les pouvoirs et qui veillera à ce que son Premier ministre ne prenne pas trop la lumière. Ne nous y trompons pas, conclut Afrikarabia, c’est un gouvernement de mission que dirigera Jean-Michel Sama Lukonde. La mission de produire un bilan positif aux yeux des Congolais pour porter la candidature du président Tshisekedi pour un second mandat. »

Pas le droit à l’erreur !

Enfin, Le Pays au Burkina met en garde : « Quand on sait que la nomination de Sama Lukonde intervient dans un contexte de crise politique marqué par la destitution des pro-Kabila, on a envie de dire que le nouveau Premier ministre n’a pas droit à l’erreur, pointe le quotidien ouagalais. Les Congolais attendent de lui des actions concrètes. Car, de sa capacité à travailler dans l’intérêt supérieur du peuple, dépendra la réélection de son mentor Tshisekedi. Il a donc du pain sur la planche, s’exclame Le Pays. Et après le divorce avec le Front commun pour le Congo de Joseph Kabila, le maître de Kinshasa et ses nouveaux alliés n’auront aucune excuse s’ils n’arrivent pas à mettre convenablement en œuvre leur programme de développement. »

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