Revue de presse française

À la Une: Joe Biden en Europe

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Le président américain Joe Biden, à son arrivée à l'aéroport des Cornouailles, au Royaume-Uni, mercredi 9 juin 2021.
Le président américain Joe Biden, à son arrivée à l'aéroport des Cornouailles, au Royaume-Uni, mercredi 9 juin 2021. © REUTERS - PHIL NOBLE

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« Près de cinq mois après son investiture, Joe Biden s’apprête à effectuer une tournée européenne intense, relève Le Monde. Elle doit le conduire au sommet des pays industrialisés du G7 (prévu à partir de demain), au Royaume-Uni, centré sur la vaccination du monde entier, au nom de la solidarité entre Etats riches et pauvres. Puis, le président des États-Unis est attendu à Bruxelles pour un sommet de l’OTAN, avant de rencontrer les dirigeants de l’Union européenne. Enfin, il doit retrouver Vladimir Poutine à Genève, le 16 juin, pour un tête-à-tête qui permettra d’acter les divergences entre Washington et Moscou. Cette séquence internationale, poursuit Le Monde, est l’occasion (pour Joe Biden) de renouveler, en personne, les signaux de réengagement de son pays vis-à-vis de ses alliés. Après quatre années de brutalité et d’humiliations subies sous Donald Trump – qui ont eu l’avantage de nourrir leur besoin d’autonomie –, les Européens sont partagés entre deux sentiments : le goût des retrouvailles et la méfiance des effusions purement verbales. »

Pas un saint

Méfiance, en effet, relayée par L’Opinion« Le président américain n’est pas un saint », affirme le quotidien libéral. « Le ton mis à part, force est de reconnaître que peu de choses ont changé à ce jour de l’autre côté de l’Atlantique. Certes, les Etats-Unis ont réintégré l’Accord de Paris sur le climat et suspendu une partie des sanctions commerciales prises à l’encontre des pays européens par Donald Trump. Mais pour le reste, c’est toujours "America First", s’exclame L’Opinion. En matière de vaccination, le monde attend encore que Washington commence à exporter ses doses. Ce qui n’a pas empêché Joe Biden de proposer sans concertation aucune de lever les brevets sur les vaccins. Il en a été de même pour l’annonce du désengagement militaire d’Afghanistan où sont pourtant impliqués d’autres pays de l’OTAN. »

À lire aussi : «America is back» : Joe Biden en Europe pour son premier déplacement à l'étranger

Attention, prévient également Le Figaro, « Biden reste muet sur l’expansionnisme turc en Méditerranée et sur les intentions américaines face à l’autoritarisme d’Erdogan. Il semble aussi ignorer que l’Europe subit directement la menace d’une nouvelle expansion du djihadisme dans la bande sahélienne et au Moyen-Orient. Il passe sous silence son retrait précipité d’Afghanistan, qui risque fort d’y provoquer le chaos, et de pousser vers l’Europe des millions de réfugiés, fuyant l’obscurantisme islamique taliban. Adepte du multilatéralisme et d’une diplomatie policée, la France sera plus à l’aise avec Biden qu’elle ne l’a été avec Trump. Mais, insiste Le Figaro, il ne faudrait pas qu’elle soit dupée par ses bonnes manières et ses grands principes. Il faudrait qu’elle ait le courage de lui dire à Bruxelles : "Monsieur le président, nous apprécions beaucoup vos intentions, mais c’est sur vos actes que nous vous attendons !" »

Son obsession : la Chine

Finalement, résume Sud-Ouest, « personne, ni à Washington ni en Europe, ne croit au retour du bon vieux temps. Biden n’a aucun intérêt à revenir sur le "pivot vers l’Asie" d’Obama, ni l’envie de renoncer au "America first" de Trump. Il a juste décidé de traiter ses alliés comme on doit le faire, pointe Sud-Ouest : décemment. Surtout quand on cherche à les enrôler dans ce qu’il considère comme la mère des batailles, à savoir la confrontation avec la Chine. »

En effet, complète Libération, « diplomatiquement, la Maison Blanche n’a qu’une priorité : la Chine… Une "obsession" même selon Jérémy Shapiro, directeur de recherche au Centre européen des relations étrangères. "Aux yeux de la nouvelle administration, c’est le défi mondial et idéologique de la prochaine génération, le successeur clair de la guerre froide et de la guerre contre le terrorisme en tant que principe directeur de la diplomatie américaine, affirme encore Jérémy Shapiro. Contrairement à la guerre froide, l’Europe n’est plus un front central. Au mieux, elle peut jouer un rôle de soutien dans la bataille de l’Amérique contre l’autoritarisme chinois". Derrière la profusion de sommets et de déclarations diplomatiques, les actes de l’administration Biden illustrent d’ailleurs l’intérêt limité porté à l’Europe, relève encore Libération. Les postes d’ambassadeurs auprès de l’UE, de l’Otan, en France, au Royaume-Uni ou en Allemagne demeurent vacants. Autre signe du pivot asiatique et antichinois de Washington, le Premier ministre japonais et le président sud-coréen sont les deux seuls dirigeants étrangers à avoir été reçus depuis janvier à la Maison Blanche. »

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