À la Une: l’abolition de la peine de mort il y a 40 ans

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En vedette dans Libération ce jeudi pour le 40e anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France, grâce au combat d'un avocat, Robert Badinter.
En vedette dans Libération ce jeudi pour le 40e anniversaire de l'abolition de la peine de mort en France, grâce au combat d'un avocat, Robert Badinter. © Photomontage RFI/Adriana de Freitas
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30 septembre 1981, 30 septembre 2021 :  il y a 40 ans jour pour jour le Parlement français votait pour l’abolition de la peine de mort. Libération nous rappelle le long combat d’un homme, Robert Badinter, garde des Sceaux en 1981, infatigable militant abolitionniste, qui au cours de sa carrière d’avocat a défendu 6 condamnés à mort, tous ont sauvé leur tête. Aujourd’hui, Robert Badinter a 93 ans et se livre dans Libération. « Sur sa commode, relate le journal, il conserve encore le texte de loi original que lui a remis son ami le président François Mitterrand. Le document scellé comporte cinq signatures : la sienne et celles de François Mitterrand, du Premier ministre Pierre Mauroy, des ministres de l’Intérieur et de la Défense Gaston Defferre et Charles Hernu. "Ils sont tous morts, il ne reste que moi" », commente-t-il d’une voix émue.

Dynamique mondiale

Pourtant, plutôt que de s’épancher sur le passé, Robert Badinter tient à défendre l’abolition dans le reste du monde, persuadé qu’elle adviendra un jour. « En Chine qui est une dictature totale, on ne sait même pas combien il y a d’exécutions, c’est secret d’Etat. En Iran, en Arabie Saoudite, dans tous les Etats islamistes intégristes, on exécute même des enfants et des femmes… Mais c’est la dynamique mondiale qu’il faut regarder, affirme Robert Badinter. Jamais je n’aurais espéré que les progrès de l’abolition soient si rapides à travers le monde ces quarante dernières années. C’est saisissant. Toute l’Europe a aboli la peine de mort. Sauf un pays : la Biélorussie, Etat stalinien pur et dur. Le lien entre dictature et peine de mort est constant. Tout simplement parce que le chef du parti au pouvoir veut montrer qu’il a le droit de vie ou de mort sur ses concitoyens. »

Commentaire de Libération : « les résistances restent fortes dans divers pays du monde, mais le combat de Robert Badinter n’est pas vain et il le sait. Depuis quarante ans, des avancées ont été obtenues, jusqu’à la Virginie en début d’année après le Colorado en 2020 qui ont compris le sens de l’histoire. Pourquoi ? Toutes les statistiques montrent que la peine de mort n’est absolument pas dissuasive, rappelle Libération. Tous les chiffres et toutes les cartes établissent un lien réel entre racisme et peine de mort, dictature ou obscurantisme et peine de mort. Quel candidat ou quelle candidate aux plus hautes fonctions souhaiterait ramener son pays à cet âge de pierre où la loi du talion primerait ? Certainement pas un homme ou une femme de valeur(s). »

Inquiets et agacés par Zemmour…

Allusion directe à Éric Zemmour, probable candidat à la présidentielle. Le polémiste d’extrême-droite se dit philosophiquement en faveur de la peine de mort. Et agace, par ailleurs, de plus en plus à droite. C’est ce que relève Le Figaro : « la tension monte d’un cran entre Les Républicains et Éric Zemmour », constate le journal. « Alors que la candidature du polémiste ne fait plus beaucoup de doute, Les Républicains, toujours en attente de la désignation de leur candidat, regardent avec inquiétude l’émergence d’un nouveau concurrent, en dynamique dans les sondages. »

Hier, le président du groupe LR à l’Assemblée, Damien Abad, a mis les points sur les i, rapporte Le Figaro : « Si Éric Zemmour se rêve en tsunami populiste, les Républicains seront une digue infranchissable. »

Et puis « Zemmour exaspère Sarkozy et Macron », rapporte cette fois Le Parisien. Le Parisien qui constate qu’ « au même moment, l’ancien et l’actuel président ont fustigé les prises de position les plus extrêmes du polémiste. » Et le journal de citer cette pique de Nicolas Sarkozy : « pour moi, Zemmour n’est pas la cause du vide du débat public, il en est le symptôme… Le vide permet aux excès et aux extrêmes de prendre toute la place. »

Paludisme : l’espoir du vaccin à ARN messager

Enfin, on revient à Libération avec cette double-page sur le paludisme…

Et un immense espoir d’éradiquer cette maladie, première cause de mortalité en Afrique : « un tournant historique dans la lutte antipaludique », titre Libé qui précise que « le paludisme, qui tue près de 400. 000 personnes par an, pourrait être éradiqué grâce aux recherches sur l’ARN messager, accélérées par la lutte contre le Covid-19. L’essai clinique devrait débuter fin 2022. »

Deux vaccins traditionnels sont actuellement à l’essai, « avec des résultats encourageant mais non probants sur la durée… et un troisième, cette fois à ARN messager donc, est à l’étude, à l’initiative du laboratoire allemand BioNTech. »

Avec, on l’espère, la même efficacité que le vaccin contre le Covid…

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