Revue de presse internationale

À la Une: Spoutnik V, l'Allemagne fait cavalier seul en dehors de l'Union européenne

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Des boîtes du vaccin russe contre le Covid-19, Spoutnik V, photographiées dans un hôpital en Hongrie, le 4 avril 2021.
Des boîtes du vaccin russe contre le Covid-19, Spoutnik V, photographiées dans un hôpital en Hongrie, le 4 avril 2021. AP - Attila Balazs

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Et cette témérité fait la Une de la presse européenne « L'Allemagne brise définitivement le tabou européen sur le vaccin russe », titre Le Temps, « L'Allemagne défie l'Union européenne », estime même le Guardian alors que El Pais souligne « que l'Allemagne ouvre la voie aux pays qui souhaitent acheter des vaccins en dehors de l'UE ».

C'est un véritable « acte d'indépendance de la première économie européenne face à Bruxelles», juge Le Temps qui rappelle que Berlin avait pourtant depuis un an « soutenu une action coordonnée au niveau européen pour lutter contre la pandémie ». « Cette fois, note le quotidien suisse, Berlin ne veut pas s'en remettre à Bruxelles très critiquée pour sa lenteur ».

Et « c'est un changement d'autant plus significatif », que le vaccin russe n'a pas bonne presse à Bruxelles, ajoute le Guardian qui rappelle que « le commissaire européen Thierry Breton estime que l'UE n'a pas besoin de Spoutnik V » et que le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian a même qualifié le vaccin russe « de moyen de propagande et de diplomatie agressive » de Moscou.

« L'Allemagne ne sera pas la première à acheter du Spoutnik V », fait remarquer de son côté El Pais, « mais contrairement  à la Hongrie ou à la Slovaquie, Berlin attendra le feu vert de l'Agence européenne du médicament, pour autoriser le vaccin ». Commentaire ultra-pragmatique du Suddeustche Zeitung « il ne peut y avoir qu'un seul critère pour l'achat du vaccin russe : efficacité et sécurité », à partir de là, ajoute le quotidien allemand, « les choses deviennent simples ».

Inquiétudes face à la reprise des violences en  Irlande du Nord

Une grande partie de la presse affiche en Une d'ailleurs des photos de cette flambée de violence, bus et véhicules de police incendiés. « Près d'une semaine d'émeutes, commente le New York Times, cette violence familière au passé brutal de l'Irlande du Nord, souligne le quotidien, vient rappeler la fragilité du processus de paix », élaboré il y a presque 23 ans jour pour jour. Et le New York Times comme la presse britannique d'expliquer « que dans la fébrilité des lendemains du Brexit, les unionistes se sentent trahis par le gouvernement britannique, avec ce sentiment que la place de l'Irlande du Nord dans le Royaume-Uni est menacée ». « Ajouté au ras le bol de la pandémie, les vieilles tensions refont surface », souligne de son côté El Pais. Et « la crainte est grande que cela prenne de l'ampleur », s'inquiète le Guardian qui explique « qu'il n'est pas difficile de trouver le prochain lieu d'émeute ». « Il suffit de consulter Facebook, vous pourrez suivre les jeunes qui se rendent dans les station-service faire le plein de jerricans d'essence, et les adultes qui viendront filmer le spectacle avec leurs smartphones». Le Guardian qui comme le New York Times n'exclut pas « que des groupes para-militaires loyalistes orchestrent ainsi ces émeutes avec la frustration de la jeunesse ».

Les premières modestes mesures de Biden contre le fléau des armes à feu

 « Enfin un président qui s'attaque à l'épidémie de violence armée en Amérique », titre le Washington Post, qui à l'instar du New York Times et du Wall Street Journal, rappelle que « chaque jour 300 personnes sont blessées par balles aux États-Unis faisant une centaine de morts au quotidien, 40 000 par an ». « Même si ces mesures restent modestes », note le Post « et risquent d'être contestées par les défenseurs du deuxième amendement sur le port d'armes », « elles constituent néanmoins un point de départ », note la presse américaine, qui salue notamment « les règles imposées pour limiter la prolifération des armes dites fantômes, ces armes artisanales, intraçables car fabriquées à partir de pièces détachées ».

Un mystérieux « massacreur à la tronçonneuse » à Londres

C'est le titre du Guardian, mais pas d'effusion de sang dans cette affaire puisque le massacreur en question s'en prend aux arbres le long de la Tamise, au sud de Londres, dans le Surrey. Une trentaine d'arbres ont déjà été tronçonnés au cours des dix derniers jours, « réduits à l'état de souche », s'alarme la presse, « par un maniaque qui opérerait la nuit, pour des raisons encore inconnues ». « Un vandalisme insensé », dénoncé également sur les réseaux sociaux, où l'on s'inquiète notamment de la taille de la tronçonneuse « suffisamment puissante, dit le Guardian, pour trancher un tronc de 60 centimètres ».

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