Revue de presse internationale

À la Une: la NSA à nouveau accusée d'espionnage à l'encontre des alliés européens

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Le campus de la NSA de Fort Meade, en Floride. Les États-Unis ont espionné des responsables politiques en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, de 2012 à 2014 avec l'aide des services de renseignement danois, ont rapporté, dimanche 30 mai, des médias danois et européens.
Le campus de la NSA de Fort Meade, en Floride. Les États-Unis ont espionné des responsables politiques en Europe, dont la chancelière allemande Angela Merkel, de 2012 à 2014 avec l'aide des services de renseignement danois, ont rapporté, dimanche 30 mai, des médias danois et européens. © AP/Patrick Semansky

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« Les grandes oreilles américaines exploitant les infrastructures danoises ont écouté de nombreux hauts responsables européens », titre Le Soir. « Un scandale d’espionnage “plus que gênant” », estime de son côté le Suddeutsche Zeitung reprenant les mots de la chancelière Merkel. « Même elle, se désole le quotidien allemand, a été ciblé par les espions américains ». « Merkel et Macron exigent (maintenant) des réponses du gouvernement danois et des États-Unis », souligne de son côté Die Welt qui rappelle, comme Le Soir « que ces révélations viennent alourdir la barque de la NSA déjà clouée au pilori en 2013 quand Edward Snowden avait divulgué l’existence d’un réseau de surveillance mondial aux dépens des alliés ».

« Barack Obama avait présenté ses excuses et promit que cela ne se reproduirait plus », souligne encore le quotidien belge pour qui « ce scandale ne pouvait pas plus mal tomber, à deux semaines du sommet de l’Otan ». « L’ombre de l’espionnage américain est d’autant plus douloureuse », commente également Le Temps « que Joe Biden est censé venir à Bruxelles réconforter ses alliés européens », après les difficiles années Trump.

Silence radio côté américain

Pas de réaction côté américain « en plein congés du “Memorial Day” », commente Le Soir. Seul le Washington Post évoque brièvement l’affaire ce matin citant des responsables américains « actuels ou anciens », pour qui « cette affaire ne devrait pas être une surprise, car les alliés s’espionnent régulièrement les uns les autres ».  Commentaire d’ailleurs dans le Post de James Clapper directeur du renseignement national à l’époque de l’affaire Snowden, il y a 8 ans « nous avons eu avec nos alliés de nombreuses réunions inconfortables et gênantes », des séances habituelles de défoulement explique-t-il, puis nous avons repris nos activités. (il est bien compris) que les États-nations poursuivent leurs propres intérêts ». « C’est “Cosi fan tutte !”, ils le font tous ! », commente également un quotidien régional allemand pour qui « un accord contraignant de non-espionnage » ne servirait à rien pour stopper cette « pratique courante » qu’est l’espionnage.

Seule la presse chinoise profite vraiment de ces révélations pour souffler sur les braises et mieux dénoncer ce qu’elle appelle « le vrai visage des États-Unis ». Pour le quotidien d’État Global Times « le véritable caractère moral de Washington s’est (ainsi) révélé au monde », « ce qu’on appelle la plus grande démocratie » n’est qu’« un sinistre chef de gang ». On peut bien sûr faire confiance à Pékin quand il s’agit de parler d’espionnage…

Covid-19 : le Royaume-Uni s’inquiète d’une possible troisième vague due au variant indien

« Alerte à la troisième vague », s’inquiète le journal Metro, « les scientifiques demandent au gouvernement d’accélérer l’administration des deuxièmes doses de vaccins et de retarder la fin des mesures de confinement », titre en Une et en pleine page le Guardian qui évoque également cette crainte d’une nouvelle vague pandémique « qui pourrait submerger les hôpitaux et causer de nombreux décès », alors que le variant indien se propage rapidement dans le Royaume.

Dans ces conditions la date de levée des restrictions prévue au 21 juin prochain « doit être reconsidérée », estime le quotidien. « Même si cela risque de provoquer une déception générale et des difficultés pour les entreprises », explique l’éditorialiste du Guardian, « à trois semaines du grand jour, dit-il, les ministres doivent décider si en faisant un pas en avant, l’Angleterre n’en fera pas deux en arrière ».

L’OMS renomme les variants du virus pour éviter la discrimination

C’est à la Une de la presse allemande, Die Welt nous explique que l’Organisation mondiale de la santé souhaite ainsi « éviter que des pays soient associés à certains variants et que les personnes qui y vivent ou en viennent soient victimes de discrimination ». Le variant anglais s’appelle désormais variant alpha, note le Suddeutsche Zeitung, le sud-africain Beta, le brésilien Gamma, et le variant indien s’appelle Delta. Reste à savoir si ces nouvelles appellations seront ou non adoptées par les États et la presse.

Naomi Osaka relance le débat sur la fragilité mentale des athlètes

La numéro deux du tennis mondial qui a donc quitté le tournoi de Roland Garros hier, après avoir été mise à l’amende pour son refus de participer aux conférences de presse. Son histoire et la révélation de son état dépressif sont très commentées dans la presse mondiale, à commencer par la presse américaine, pays où elle réside. « C’est une sortie choquante et un triste jour pour le tennis », titre le New York Times qui à l’instar de nombreux quotidiens met en avant « la fragilité, les problèmes de santé mentale de nombreux athlètes ».

« Si Osaka avait averti les organisateurs du tournoi de son état, nul doute qu’ils auraient trouvé une solution plus conciliante », estime néanmoins le quotidien qui souligne également toute la difficulté « de savoir à quel point les joueurs doivent bénéficier d’un traitement spécial ».

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