L’art de la bouclerie dans le respect des traditions par Karl Lemaire

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Karl Lemaire, dirigeant de la Maison Poursin
Karl Lemaire, dirigeant de la Maison Poursin © Melina Vemant

Pour les journées du patrimoine, Maria Afonso vous emmène découvrir la Maison Poursin, la plus ancienne manufacture de Paris encore en activité. Karl Lemaire a repris cette boutique et atelier en 2016. Il a ainsi fait perdurer le savoir-faire de cette célèbre maison qui a été fondée en 1830. Dans ce lieu chargé d’histoire, on fabrique des boucles en laiton pour la maroquinerie, la sellerie, la chaussure, la mode et les passionnés.  

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Je fais en sorte qu’il y ait encore des portes à franchir dans les magasins en plein Paris, pour s’inspirer de ce qui peut être fait dans l’avenir. 

Karl Lemaire, dirigeant du groupe AC-DIS dont fait partie la Maison Poursin est issu d’une famille ayant fait fortune dans l’agriculture biologique, à la mort prématurée de son père, c’est la fin d’une vise aisée. Pour subvenir aux besoins de sa famille, a à peine 21 ans, il est le gérant de la société AC-DIS accessoire et distribution. Il atterrit par hasard dans la métallurgie et sauve de grands noms comme Daudé et Poursin.  

Savoir-faire technique et transmission 

Son approche de l’entreprise, il la veut humaniste, la vraie valeur étant pour lui le relationnel humain, le savoir-faire manuel et technique.  

« En général pour ce savoir-faire, nous pensons beaucoup à des produits réalisés artisanalement de manière manuelle. Moi j’attribue le savoir-faire aussi dans la connaissance du métal, ici, le laiton parce qu’il faut avoir de vraies connaissances. Il se présente sous différentes formes et il faut savoir le travailler. Cela se transmet de générations en générations, au fil des fabrications, donc, ma vocation c’est de faire en sorte que ce savoir-faire soit maintenu au travers des salariés. Quand j’ai repris Poursin, il y avait deux postes et demi, aujourd’hui il y en a dix. Cela permet vraiment d’assurer, j’espère en tout cas, dans l’avenir une transmission du travail du laiton au travers de son polissage, de sa soudure, la brasure précisément ou dans le cambrage ou la façon de travailler ce métal. »

Conscientisation de la désindustrialisation  

Karl Lemaire constate qu’après deux ans de période Covid-19, les Français sont nombreux à avoir pris conscience de la désindustrialisation du pays.  

« Daudé, dans les années 90, employait deux mille personnes, aujourd’hui trente-cinq, raconte-t-il. La maison Poursin, ils étaient une vingtaine, quand j’ai repris, ils n’étaient plus que deux. J’ai sauvé une usine qui travaille le laiton aussi en basse Normandie, ils étaient deux cent cinquante, ils ne sont plus que quatre aujourd'hui. Je suis de la génération qui a vu cette désindustrialisation. J’en ai vu des chefs d’ateliers qui se sont suicidés parce qu’il n’y avait plus aucun sens à leur vie, cela paraît extrême mais c’est vrai !  Des régions entières ont été sinistrées, le Nord de la France et même l’Est. Consommer un produit qui n’est pas forcément de luxe, authentifier un produit d’un artiste ou d’un designer, qui travaille son sac à main autrement et en respectant les normes environnementales. Il faut aller vers ces consommations là, car c’est la raison d’être de nos industries, si on parvient encore à les sauver. Donnons-nous rendez-vous dans dix ans pour voir si nous y sommes parvenus", conclut Karl Lemaire

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